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Trois questions à Pierre Gattaz, Président du MEDEF, sur le Brexit

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    Les modalités du Brexit semblent s’éloigner encore et toujours. Les entreprises françaises sont-elles inquiètes de cette situation ? 

    Le Brexit n’est pas une bonne nouvelle et nous ne nous attendons à aucun point positif sur ce dossier. Le temps presse. Nous pensons surtout qu’il faut aller vite pour lever les incertitudes que crée cette situation. Il y a une énorme interrogation sur l’après 29 mars 2019.  Ce jour-là, le Royaume – Uni  ne sera plus dans l’Union. C’est au gouvernement britannique de lever ce brouillard en disant clairement ce qu’il veut. Oui, les entreprises françaises sont inquiètes notamment celles qui échangent beaucoup avec le Royaume-Uni. Mais aussi celles qui redoutent des atteintes au level playing field, c’est-à-dire des conditions de concurrence déloyale au détriment des entreprises du continent.
    Nous souhaitons que les négociations aboutissent pour que nous ayons un règlement politique le plus rapidement possible.

    Plaidez-vous pour un Brexit dur ? Faut-il infliger de lourdes pénalités aux Britanniques ?

    L’idée n’est pas d’être particulièrement dur avec nos partenaires britanniques. Cependant le peuple britannique a décidé de quitter l’Union européenne. Il faut donc qu’il en tire toutes les conséquences juridiques, économiques et budgétaires. Lorsque vous sortez du jeu, vous ne pouvez pas continuer à en avoir les avantages. Mais nous savons que l’économie britannique restera une grande économie et que nous continuerons évidemment à beaucoup échanger avec le Royaume -Uni. 
    Il ne faut donc pas perdre de temps et aller vers un accord politique.

    Le Brexit n’est-il pas un élément de forte déstabilisation pour l’Europe ? 

    Je pense au contraire que les suites politiques du Brexit illustrent le fait qu’il n’existe en réalité pas d’alternative crédible. Personne ne voit aujourd’hui les éventuels bénéfices que va tirer le Royaume-Uni de sa sortie de l’Union européenne. Bien au contraire ! Nos voisins britanniques semblent affaiblis et englués dans ce processus qui est long, coûteux et qui crée beaucoup d’incertitudes.
    En parallèle on voit que grâce à un couple franco-allemand soudé on avance sur des sujets très difficiles comme les travailleurs détachés. L’Europe c’est d’abord ce que l’on en fait. Il n’y a pas de fatalité à trouver son organisation inefficace. On peut changer les choses de l’intérieur en s’impliquant, en travaillant avec tout le monde et en donnant des perspectives.