Conférences de presse

retour Retour 16 février 2010
Point presse mensuel

Point presse mensuel de février 2010

Au programme du point presse mensuel de février: la prochaine élection à la présidence du MEDEF, le sommet social, les retraites et la taxe locale sur la publicité extérieure

Election à la présidence du MEDEF

Le premier point à l’ordre du jour de notre Conseil exécutif d’hier après midi était une proposition du Comité statutaire du MEDEF pour l’organisation de l’élection à la présidence du MEDEF,  puisque mon mandat arrive à échéance le 5 juillet 2010. Le comité statutaire a proposé le calendrier suivant : - Samedi 1er mai : terme du délai de réception des candidatures. C’est le président du  Comité statutaire qui réceptionne les candidatures

- Entre le lundi 3 mai et le vendredi 7 mai : réunion du comité statutaire afin de valider les candidatures

- Lundi 17 mai : réunion du Conseil exécutif consacrée à l’audition des candidats

- Lundi 31 mai : avis du Conseil exécutif

- Jeudi 1er juillet : Assemblée générale avec élection du ou de la présidente du MEDEF et tenue d’un Conseil exécutif immédiatement après pour désigner les personnalités qualifiées. Le Conseil exécutif a adopté à l’unanimité cette proposition du Comité statutaire.

Sommet social

Nous avons ensuite largement débattu du sommet social qui s’était tenu le matin même à l’Elysée. Je voudrais vous dire à cette occasion ce que nous avons exprimé lors de ce sommet. Nous avons rappelé au Président de la République, au gouvernement et aux organisations syndicales présentes, qu’en dépit de notre anxiété quotidienne à nous les chefs d’entreprise sur nos carnets de commande, depuis le début de la crise l’emploi est resté au cœur nos préoccupations. J’insiste sur le premier point : en dépit de notre anxiété quotidienne sur nos carnets de commandes. Je voudrais le développer un tout petit peu. Aujourd’hui, nous observons dans de nombreux secteurs des situations toujours très difficiles, très tendues. C’est la conjonction de plusieurs facteurs qu’il convient de souligner : la baisse des prix, la tension sur les trésoreries liée notamment au décalage entre l’effondrement des carnets de commandes et la très faible réduction des effectifs, voire l’absence de réduction des effectifs, décidée par les entreprises, et enfin la mauvaise situation générale sur le front de l’investissement. Donc aujourd’hui nous sommes dans un effet de ciseaux extrêmement difficile et nous voyons des difficultés très sérieuses, bien sûr dans l’industrie, mais également dans le bâtiment, les travaux publics et le commerce. Le commerce de gros en particulier mais aussi, de plus en plus, le commerce de centre ville, notamment en province. En dépit de cette situation qui peut se résumer au niveau macroécomique avec quelques chiffres, et notamment la chute des taux de marge des entreprises de 5 points à la fin du 3ème trimestre 2009 par rapport à la fin du 3ème trimestre 2008 et un taux de marge historiquement bas dans le secteur de l’industrie. C’est le taux de marge le plus bas dans l’industrie depuis 1982. Nous sommes en effet à 17 % de taux de marge dans l’industrie alors que nous étions encore à 24 % en 2007. En dépit de cette situation donc, nous avons depuis le début, globalement ici au MEDEF, mais aussi individuellement entreprise par entreprise – les témoignages sont nombreux–, tout fait pour garder le lien entre les employeurs et leurs salariés. C’est pour cela, et nous l’avons rappelé hier, que depuis le début de la crise en septembre 2008 avec la chute de Lehman Brothers nous avons signé 7 accords interprofessionnels qui ont tous comme objectif d’aider les salariés à rester dans l’emploi en dépit des difficultés, ou de renforcer les mécanismes d’aides aux chômeurs. Encore tout récemment, le 12 février dernier, il y a quelques jours à peine, les partenaires sociaux sont convenus de reconduire pour la durée de la convention d’assurance chômage, le dispositif de la convention de reclassement personnalisé. Ce que nous avons dit hier matin, c’est que cette orientation que nous avons eue dès le début de la crise, nous la maintenons. Nous ne changeons pas notre cap ni notre philosophie.

Fin de droits

Dès samedi prochain, c’est un événement que je vous recommande de noter au passage, il y aura une réunion entre partenaires sociaux pour étudier à nouveau la question des demandeurs d’emploi en fin de droits. Hier nous avons précisé au cours de la réunion qui s’est tenue à l’Elysée notre philosophie sur ce thème. Premièrement, la priorité est de mettre en œuvre des dispositifs ou des mécanismes pour, quoi qu’il arrive,  permettre à ces demandeurs d’emploi en fin de droits d’assurance chômage de conserver leur employabilité. Donc il y a peut être des orientations à donner du côté de la formation pour garantir l’atteinte de cet objectif. Deuxièmement il existe déjà, plusieurs MEDEF territoriaux nous l’ont signalé, des mécanismes d’exonération de charges sociales pour toute embauche d’un chômeur en fin de droits. Mais ces mécanismes sont d’une complexité indescriptible et ne s’étendent pas à tous les cas de figure. Ce que nous proposons c’est de voir dans quelle mesure on pourrait à la fois généraliser ces mécanismes et les simplifier pour que les employeurs en aient vraiment une totale connaissance. Troisièmement, si il apparait nécessaire sous réserve de statistiques complémentaires que tout le monde demande, de mettre en place une mesure spécifique liée à la crise, nous sommes d’accord sur le principe d’un  financement partagé Etat-Unedic. Sur le principe, c’est à dire que c’est sous réserve que nous ayons des chiffres plus précis et fiables sur les personnes concernées et donc aussi sur les montants en jeu. Modernisation du dialogue social Je finirai sur cette question du dialogue social et de la priorité donnée par tout le monde à l’emploi, en disant que l’état des discussions entre partenaires sociaux aujourd’hui est particulièrement riche compte tenu d’une situation d’une difficulté inouïe. Nous avons formulé une fois de plus hier notre souhait de transformer la délibération sociale consacrée à la modernisation du dialogue sociale  en véritable négociation. Je vous rappelle que  cela fait deux séances de délibération où nous disons que nous sommes mûrs pour une négociation. Et par deux fois ce sont les organisations syndicales qui ont repoussé la décision d ‘ouverture de cette véritable négociation. Or cette négociation,  que nous appelons de nos vœux, a notamment comme objectif de favoriser l’information des salariés par une réforme en profondeur des institutions représentatives du personnel. Une réforme en profondeur pour que ces institutions représentatives fonctionnent peut-être un peu plus en anticipation des situations de l’entreprise. C’est dans cette négociation, qu’encore une fois nous appelons de nos vœux, que figure entre autres le dossier de l’information sur le partage de la valeur ajoutée dans l’entreprise.

Représentation du personnel dans les TPE

Je terminerai sur la question sociale avec un sujet qui n’a rien à voir avec l’emploi. Nous avons une fois de plus exprimé notre réticence, c’est un euphémisme, à tout projet de loi qui créerait des institutions  représentatives du personnel dans les très petites entreprises, les entreprises de moins de 11 salariés. Nous disons simplement deux choses sur cette question. Premièrement, il n’y a pas de problème de dialogue entre les salariés et les employeurs dans les petites entreprises, ne créons pas aujourd’hui un problème là où il n’y en a pas.  Deuxièmement, il n’y a pas de problème de dialogue parce que le dialogue est quotidien. La différence entre ces petites entreprises et les autres, les PME ou les grandes entreprises, c’est que la taille permet, comme pour la démocratie directe, un dialogue social direct. Alors que dans les autres entreprises, il faut bien sûr, comme pour la démocratie de représentation un dialogue social de représentation puisque la taille ne permet pas l’accès direct.  Voilà sur les points liés au social et à l’emploi, et qui ont été abordé dans la réunion d’hier.

Retraites

Bien sûr il y a un deuxième grand point, qui a été un des points majeurs de la réunion d’hier : la question des retraites. La réforme du régime général de retraites est une nécessité impérieuse. Je crois que nous pouvons dire qu’à force de repousser le dossier, à force de faire l’autruche, nous avons crée de l’anxiété et probablement nous avons contribué à une forme de perte de confiance dans l’avenir dans notre pays.  Pour nous la réforme des retraites n’est en aucun cas une régression, c’est au contraire une progression. C’est trouver les moyens de garantir à chacun une pension digne et conforme à son niveau de vie de vie active. C’est aussi tout à faite essentiel pour la réputation de la France. Nous sommes un des derniers grand pays parmi les pays développés à ne pas avoir abordé d’une manière profonde ce dossier. Même si des réformes ont déjà eu lieu, elles n’ont jamais été suffisantes. Hier nous avons insisté sur un point que je voudrais reformuler. Nous pensons qu’un consensus est possible et nous pensons que nous devons nous donner tous les moyens pour atteindre ce consensus. Aujourd’hui, il convient d’attendre les scénarios et les données calculées par le Conseil d’orientation des retraites et je ne suis pas sûre qu’il soit très utile de multiplier les débats tant que ces informations ne sont pas connues, ne sont pas rendues publiques. Nous raisonnons sur des données qui ont déjà deux ans  et les choses ont beaucoup bougé depuis. L’autre point que je voudrais mettre en avant est qu’au lieu de discuter sans fin sur tel ou tel paramètre, nous devrions peut-être d’abord nous fixer des objectifs. Nous préconisons – en tout cas nous préconiserons quand nous en serons à ce moment là du débat, au printemps ou à l’été–,  de se fixer deux objectifs cibles. Premièrement le taux de remplacement. C'est-à-dire le niveau de pension par rapport au dernier salaire que l’on considère comme juste, que nous voulons nous donner pour les salariés français. Et deuxièmement le taux de cotisation maximum que nous acceptons pour préserver sur le long terme la compétitivité des entreprises françaises. J’ajoute pour clore ce chapitre sur les retraites, que nous avons toujours été d’accord pour tenir compte des situations de carrière pénibles, contrairement à ce qui est dit ici ou là. Nous estimons en revanche que les critères doivent être des critères objectifs, mais mesurés individuellement, au cas par cas. Dans cette perspective on peut tout à fait mettre en place des dispositifs pour résoudre cette question de la pénibilité.

TLPE

Nous avons une très grande préoccupation sur le terrain en pensant à la défense des petites et moyennes entreprises liée à la mise en place d’une taxe qui s’appelle la taxe locale sur la publicité extérieure,  la TLPE. C’est une taxe qui frappe tout signe extérieur visuel y compris les informations obligatoires de par la loi. Seules les entreprises sont soumises à cette taxe. Pour illustrer mon propos : si nous mettons une enseigne MEDEF sur le toit nous paierons la taxe, soit.  Mais si vous êtes à l’Hôtel de ville de Paris et que vous affichez une enseigne Mairie de Paris, il n’y aura aucune taxe sur cette enseigne. Il va y avoir une mobilisation très forte des MEDEF territoriaux sur ce sujet. Probablement aussi,  dans un certain nombre de cas, des actions juridiques vont être intentées puisqu’il semblerait que beaucoup de procédures ne sont pas respectées de manière équitable.

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