Toutes les actualités

08.07.13 - Pierre Gattaz au Grand jury : « C’est par l’entreprise que nous pourrons créer de l’emploi »

Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI  dimanche 7 juillet, Pierre Gattaz le nouveau président du Medef  a abordé les dossiers chauds de la rentrée prochaine : réforme des retraites, assurance chômage, formation professionnelle. L’occasion pour lui de préciser les priorités pour le Medef et les solutions à mettre en œuvre pour « sortir le pays du pétrin ». Des solutions qui passent par l’entreprise. Il y a « une énorme urgence » a-t-il précisé, car « la maison brûle ».

 

Rappelant que les entreprises françaises sont « Asphyxiées par des marges très faibles » il a également demandé 100 milliards de réduction de charges sur 5 ans « afin que le terreau  France soit un bon terreau pour innover, investir, embaucher. »

« L’entreprise est le plus bel endroit au monde après la famille. C’est une cellule humaine où nous créons de la richesse, nous créons de l’intégration de jeunes, nous créons de l’intégration de minorités, nous donnons des métiers à des gens, nous donnons de la compétence et nous finissons par donner de la dignité humaine. Et je crois que justement, il faut sortir par l’entreprise » a déclaré le président du Medef, rappelant qu’aujourd’hui « il y a un stress énorme des chefs d’entreprise aujourd’hui par rapport à leur carnet de commandes qui est très faible »

Rappelant que « nous sommes en récession et nous perdons 1.000 emplois par jour » Pierre Gattaz espère que « des mesures seront prises d’urgence avec force, parce que la situation du pays le vaut » (…). Il y a une énorme urgence. Il y a une énorme attente  car « la maison brûle » ! Il faut bien s’en rendre compte ! La France ne va pas bien ! Nos voisins vont beaucoup mieux. La Chine se développe, l’Inde se développe, les Etats-Unis sont repartis. Pourquoi la France est tant encalminée ? C’est un énorme gâchis. Nous sommes un pays absolument fantastique. Nous sommes un pays merveilleux. Nous avons des filières d’excellence, des ingénieurs, des salariés motivés qui sont bons, nous avons des filières d’excellence comme l’aéronautique, la chimie, la banque, l’assurance, les services, on a des choses fantastiques sous le pied, et on ne libère pas les énergies, on ne fait pas confiance aux entreprises et aux entrepreneurs et à leurs équipes. Il faut libérer les freins, libérer l’entreprise. »

Interrogée sur le gaz de schiste, Pierre Gattaz a demandé qu’on fasse confiance aux ingénieurs et qu’on laisse la recherche avancer sur ce sujet « Oui, le gaz de schiste, pour nous, est important. Parce que l’énergie est un élément de compétitivité du pays depuis quarante ans. (…) Regardons comment on peut exploiter les gaz de schiste sans polluer les nappes phréatiques et l’environnement ».

« Les entreprises françaises sont asphyxiées, elles sont ligotées, elles sont terrorisées. Asphyxiées par des marges très faibles. Nous avons des marges économiques qui sont à 28 %. Et la moyenne européenne est à 40 %. L’Allemagne est à 41 %. Nous avons 12 points de moins de marges que la moyenne européenne. C’est 100 milliards de trop sur le dos des entreprises françaises ! »  Pour alléger la fiscalité qui pèse sur les entreprises de 100 milliards en 5 ans, Pierre Gattaz plaide pour un accroissement de la TVA d’une part et sur une optimisation de la dépense publique en y introduisant du « lean management »

 

« Il faut être rivé sur un chiffre: nous détruisons 1.000 emplois par jour, a insisté Pierre Gattaz.. Qui peut créer des emplois dans ce pays ? Ce ne sont pas les associations, ce n’est pas la sphère publique, nous avons déjà beaucoup trop de fonctionnaires. Ce sont les entreprises. Il faut aussi regarder ce qui s’est fait dans d’autres pays qui avaient des situations aussi difficiles. En Allemagne, ils ont augmenté la TVA ; en Angleterre, ils ont augmenté la TVA ; au Canada, ils ont baissé la sphère publique de 10 % en  trois, en moins de trois ans (…)  l’ensemble des pays du monde avancent dans la mondialisation, avancent dans le futur, créent le futur, créent des entreprises, développent leurs entreprises.  (…)  il faut faire en sorte que  « le terreau France soit un bon terreau pour innover, investir, embaucher »…

Interrogé également sur sa méthode et sur sa vision d’un Medef de combat développé lors de sa campagne Pierre Gattaz a précisé que ce « Medef de combat  est un Medef de combat pour l’emploi, pour l’entreprise, pour l’économie, pour la France.  (…) Ma méthode, c’est une méthode de pédagogie, d’accompagnement, de motivation, d’explications, d’argumentation et de confiance.  (…) Le MEDEF de combat ce sera un MEDEF de vérité et de fermeté ! C’est-à-dire qu’on applaudira le gouvernement sur le rapport GALLOIS, sur le CICE, pourquoi pas, sur les assises d’entrepreneuriat, et on sera ferme lorsqu’ on prendra des mesures qui seront contre l’entreprise et contre l’économie ».

Pierre Gattaz a par ailleurs réaffirmé que pour lui «  le dialogue social, c’est une priorité.  (…)  Je crois qu’il y a peut-être un terrain, une ouverture ou une opportunité pour remettre dans ce dialogue social, de l’économique. Parce que c’est ce qui manque. Il  faudrait faire un dialogue économique et social.

Sur la réforme des retraites, le nouveau président du Medef a rappelé  que «  dans les années 1960, il y avait 4 actifs pour financer 1 retraité. En 2013, il y a 2 actifs pour financer 1 retraité. En 2035, il y aura 1,5 actif pour 1 retraité. (…) Vous avez 4 paramètres sur lesquels nous pouvons jouer ! Baisser les pensions, on a dit « non »,  augmenter les cotisations, il n’en est pas question. Il reste 2 paramètres : augmenter les annuités et augmenter l’âge légal. Ce que nous proposons au Medef c’est en effet d’augmenter les annuités, de les passer de quarante-et-une à quarante-trois annuités à l’horizon 2020 et c’est de passer l’âge légal de 62 à 63 ans en 2020… » Il a par ailleurs plaidé pour « une vraie réforme structurelle pour éviter que tous les deux ans, on se retrouve à renégocier ce sujet-là. Il faut le faire une bonne fois pour toutes.»

Pour ramener le taux de chômage à 7% en 2020, Pierre Gattaz mise sur un pacte de confiance avec le gouvernement « J’ai dit au président de la République,  Je voudrais faire avec vous un pacte de confiance. Nous entrepreneurs, nous voyons les défis du futur (…) Nous visualisons une France qui gagne avec un chômage qui peut baisser à 7% réellement. Mais la condition c’est : prenez vos responsabilités, il nous faut un terreau qui ne soit pas peuplé de ronces et de cailloux. (…) Le terreau France est un terreau qui doit être compétitif, dont l’environnement législatif et réglementaire doit être simplifié, extrêmement simplifié, il doit être stabilisé car lorsque tout bouge dans tous les sens, on n’en peut plus. Il doit être sécurisé juridiquement ; il doit être serein fiscalement (…) Et il faut avoir plus de souplesse sociale. »

« Il faut réduire la peur du chef d’entreprise d’embaucher. Les chefs d’entreprise ont encore peur d’embaucher, ce qui est dramatique notamment les tout-petits, trop complexe, trop insécurisé, trop difficile. Et face à la peur légitime de nos salariés de se faire licencier, il faut cultiver leur employabilité.  (…) c’est cela qu’il faudrait discuter avec les syndicats, employabilité contre un peu plus de flexibilité. »

Enfin sur la formation professionnelle, Pierre Gattaz  a demandé de « raccorder les tuyaux, nous avons dans les entreprises françaises environ 300 à 400 000 postes demandés et non pourvus par an, c’est énorme. Face à cela, nous avons une Education nationale qui nous délivre des jeunes ou des diplômes qui ne nous servent à rien. (…) Pour raccorder ces tuyaux il y aura une réflexion très intense avec l’Education nationale. (…)   Il faut impérativement que les filières professionnelles soient réhabilitées. On a besoin de soudeurs, de chaudronniers, de régleurs, de mécaniciens dans l’industrie ; dans les services, on a besoin de cuisiniers, de serveurs, on a besoin de tout et aujourd’hui il faut impérativement que ces filières soient rebaptisées filières d’excellence. »

>> revoir l’émission

 


Météo de l'Eco