Nous devons ajouter une lettre supplémentaire à notre alphabet climatique : le Q comme « faire la queue » !
Quelques sujets sont au cœur des préoccupations.
Le premier tourne autour de la multiplication des débrayages dans le cadre à la fois des négociations menées sur les pistes de Kyoto ou sur celles du Long term Cooperative Act (LCA). Le groupe africain, soutenu par le groupe des pays les moins développés, par le G77 et par la Chine, a demandé une suspension de toutes les discussions sur le protocole de Kyoto et de tous les groupes de travail sur le LCA, à l’exception du groupe qui travaille sur l’établissements de futurs objectifs pour les pays de l’annexe 1. Bien entendu, cela a conduit les pays de l’annexe 1 à demander à leur tour une suspension de ce dernier groupe de travail, au motif qu’ils n’avaient pas à discuter de leurs futurs objectifs dans le cadre du protocole de Kyoto si les autres pays refusaient de traiter les autres problèmes, y compris leurs obligations. La cause de tout ce débat a été la proposition de recentrer les discussions ministérielles sur le LCA et non sur le protocole de Kyoto.
Le second sujet est la quantité de travail renvoyé aux groupes ministériels. Cela risque d’engendrer des problèmes car beaucoup de points sont très techniques et on se demande comment les groupes ministériels vont pouvoir équilibrer leurs discussions entre la recherche d’un accord politique et la nature technique des négociations sur les détails.
Lors d’une réunion hier avec le BINGOs, la présidente de la COP, Connie Hedegaard, a supplié la société civile de « maintenir la pression.» Cela est passé à peu près aussi bien que les sandwiches insipides vendus dans le centre de conférence. Au fil des années, la société civile a toujours suivi de près les discussions autour du climat, en particulier les sessions marathon de 2009 et a supporté les Nations Unies dans leur volonté de parvenir à un nouvel accord. Plusieurs centaines de milliers de dollars ont été investis pour venir à Copenhague. Pour beaucoup, l’expérience de la COP est vite devenue une épreuve. Lundi, la plupart des délégués ont dû endurer plus d’une heure de queue pour rentrer dans le centre de conférence, beaucoup ont même dû attendre plusieurs heures dehors et les nouveaux arrivants ont attendu jusqu’à huit heures pour obtenir leur accréditation, certains n’obtenant même aucun accès du tout.
Avec l’arrivée des chefs d’Etat, l’accès au Bella Center est de plus en plus restrictif et les limitations ne font que croître. Vendredi seuls 90 représentants de la société civile seront admis sur les quelque 20 000 accrédités.
Ainsi, bien qu’il n’y ait aucun désaccord avec l’exhortation de Madame Hedegaards et son affirmation que c’est plus que jamais le moment de conclure et qu’avec plus de 130 chefs d’Etat présents on avait la meilleure chance de parvenir à un accord politiquement solide, des messages contradictoires sont envoyés à la société civile.
Le Pew Center et le WBCSD ont organisé hier un événement en marge des négociations, qui a réuni d’importants représentants des gouvernements américain et australien et des chefs d’entreprise. Une salle bondée a ainsi pu écouter et challenger les gouvernements. Deux des principaux sujets ont porté sur la volonté du gouvernement australien de revoir sa politique agricole et commerciale et sur les récentes découvertes de l’Agence américaine de protection de l’environnement sur les dangers des gaz à effet de serre.
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