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27.02.12 - MEDEF Actu-Eco de la semaine du 20 au 24 février 2012

FRANCE

1.Climat des affaires en février 2012 : stabilisation de l’indicateur après 7 mois consécutifs de baisse

2.Créations d’entreprise en janvier 2012 : +14,4% (-4,6% hors auto-entrepreneurs)

3.Prix à la consommation en janvier 2012 : +0,2%, et -0,1% hors énergie et produits frais

4.Commandes à l’industrie en décembre 2011 : quasi-stabilité grâce au rebond de la demande étrangère

5.Délais de paiement : baisse à poursuivre dans le secteur privé, à engager dans la sphère publique


EUROPE

6.Climat des affaires en Allemagne en février 2012 : poursuite de l’amélioration

7.Prévisions de croissance pour la zone euro en 2012 : récession modérée


INTERNATIONAL

8.Tendances récentes des marchés

Selon l’enquête mensuelle INSEE de février 2012 auprès des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité (industrie, bâtiment, services, commerce de détail)*, l’indicateur synthétique s’est stabilisé, mettant ainsi fin à la baisse
ininterrompue de juillet 2011 à janvier 2012
. Il est très inférieur à sa moyenne de longue période.

*L’enquête sur les travaux publics est trimestrielle, celle sur le commerce de gros est bimestrielle

Cette stabilisation entre janvier et février se retrouve dans trois grands secteurs :

  • Industrie : arrêt de la dégradation des carnets de commandes qui sont peu étoffés, légère progression des perspectives personnelles comme générales, qui restent inférieures à leur moyenne de longue période ;
  • Services : pessimisme dans les anticipations d’activité, créations d’emploi hors intérim peu nombreuses au cours des prochains mois ;
  • Commerce de détail : moindre pessimisme sur les ventes et les intentions de commandes, stabilisation des perspectives générales à un niveau bas, ralentissement attendu des créations d’emploi ;
  • en revanche, dégradation du climat des affaires dans le Bâtiment : carnets de commandes toujours jugés largement inférieurs à la normale, pessimisme sur l’activité prévue, dynamique de l’emploi défavorable dans les prochains mois.

Au-delà de cette évolution mensuelle, le contraste est important entre les trois premiers secteurs cités ci-dessus, ayant enregistré une forte dégradation de leur climat des affaires depuis l’été 2011 et le bâtiment, dont le climat des affaires est resté stable, à son niveau de longue période.


En janvier 2012, les créations d’entreprise totales en France se sont accrues de
+14,4% par rapport au mois précédent
(-12,2% en décembre 2011). Cette hausse est le résultat d’une baisse de -4,6% des créations hors auto-entrepreneurs et d’une hausse de +33,9% pour les créations des seuls auto-entrepreneurs. Les créations d’auto-entreprises représentent 58% de l’ensemble des créations.

Au-delà des variations mensuelles, les créations d’entreprise des trois derniers mois connus (novembre-décembre-janvier) ont augmenté de 917 sur un an  (+2%): +1,4% pour les créations hors auto-entrepreneurs (+305), +2,5% pour les créations d’auto-entreprise (+612).
 
Cette hausse globale recouvre une forte progression dans l’industrie manufacturière (+15,4%) et une stagnation dans les services marchands qui, eux-mêmes, recouvrent des évolutions très contrastées (-5,5% dans les services aux ménages, +11,9% dans l’information et la communication, par exemple).

En moyenne mobile sur les trois derniers mois, les créations hors auto-entrepreneurs ont été de 21 849, chiffre supérieur de 21% à la moyenne 2000-2002. Il s’inscrit sur la moyenne 2000-2011, en dépit de la baisse enregistrée entre début 2008 et mi-2009.


En janvier 2012, les prix à la consommation ont baissé de -0,4% en données
brutes, baisse qui s’explique par les soldes d’hiver. En données CVS, ils ont
augmenté de +0,2%
, rythme analogue à celui enregistré en décembre 2011.

Sur les trois derniers mois connus, en données CVS, la hausse a été de +2,9% l’an, rythme proche de celui enregistré au cours des trois mois précédents. Cette hausse recouvre notamment : une forte augmentation des prix des produits énergétiques, qui comptent pour 9% de l’indice (+13,6% l’an), une forte contraction des prix des produits frais qui comptent pour 2% de l’indice (-13,4% l’an). Dans le même temps, les prix des produits manufacturés se sont légèrement tassés (-0,2% l’an) alors que les prix des services ont augmenté (+2,8% l’an).
Toujours sur trois mois, la hausse des prix hors tarifs publics, énergie et produits frais (inflation « sous-jacente ») a nettement décéléré (+1,5% l’an, après +2,1% au cours des trois mois précédents).

Sur un an, la hausse des prix a été de +2,4%, comme c’était le cas pour les trois derniers mois de 2011, hausse tirée par les prix de l’énergie et ceux des produits alimentaires, alors que les prix des produits manufacturés ont à peine augmenté. Au total, la hausse des prix en France est inférieure à celle de la moyenne de la zone euro estimée par Eurostat (+2,7%).

L’INSEE vient également de publier l’indice des prix des produits de grande consommation dans la grande distribution pour janvier 2012. La hausse a été de +0,2% en données brutes par rapport à décembre, ce qui conduit à une hausse de +4% sur un an sous la pression des prix des produits alimentaires hors produits
frais
(+4,2% l’an).


L’indice de commandes en valeur reçues dans l’industrie manufacturière (hors
matériel de transport autres qu’automobiles) est resté quasiment stable en
décembre 2011
(-0,1% par rapport à novembre). Et ceci, malgré une hausse significative des commandes étrangères (+2,5%), signe que les commandes intérieures se sont contractées.

Entre le 3ème et le 4ème trimestre 2011, les commandes  ont baissé de -1,1%
(+0,8% sur un an
). Cette baisse se retrouve dans les industries de l’équipement (-0,9%), dans la construction automobile (-0,7%) et dans les « autres industries » (-1,1%, dont notamment -6,2% dans la pharmacie et +4,3% dans l’habillement). Elle se retrouve également dans les commandes étrangères qui ont baissé de -0,3% (+2,4% sur un an).


L’Observatoire des délais de paiement vient de publier son rapport annuel 2011. Il en ressort trois informations majeures.

Les délais de paiement clients en 2010  se sont établis à 49 jours de
chiffre d’affaires (-0,1 jour par rapport à 2009) et les délais fournisseurs à
56 jours d’achats (-0,6 jour),
avec d’importantes disparités selon les catégories d’entreprise (délais clients et fournisseurs plus courts dans les  PME que dans les ETI).
Depuis la fin 2000, les délais clients ont baissé de près de 9 jours (-15%), et celui des crédits fournisseurs de 12 jours (-17%). La moitié de ces gains ont été obtenus entre 2007 et 2010, les entreprises ayant largement anticipé puis appliqué le plafonnement de 60 jours fixé par la LME. En particulier, grâce à cette loi, les grandes entreprises et les ETI ont été incitées à réduire fortement  leurs délais fournisseurs : « la réduction de délais de paiement », souligne le rapport, « permet, et cela prend encore plus de force dans une conjoncture difficile, aux PME de maintenir des trésoreries satisfaisantes et donc de survivre ».

Toutefois, souligne le Rapport, demeurent « des marges à exploiter pour réduire les risques de transmission de difficultés de trésorerie ». Malgré les progrès réalisés depuis 2007, 1/3 des entreprises continuaient de régler ou d’être réglées au-delà de 60 jours en 2010. Selon les chiffres de l’Observatoire, ces dépassements représentaient 26% des créances clients (30% en 2007) et 25% des dettes fournisseurs (27% en 2007). Il en est de même des endettements bancaires liés aux délais de paiement. Le dépassement du délai de référence représentait en 2010, du point de vue de la trésorerie,  une  charge nette globale de quelque 7 milliards d’euros* (22 milliards en 2007), avec un déséquilibre massif entre entreprises de taille différente, largement au détriment des PME. Un alignement sur la norme des 60 jours de tous les règlements la dépassant se traduirait en effet, selon l’Observatoire,  par un transfert de trésorerie de 11 milliards d’euros des grandes entreprises à celles de taille plus modeste. Il apporterait une ressource supplémentaire de 10 milliards d’euros aux PME… Pour théorique qu’elle soit, cette hypothèse donne toute la dimension des enjeux liés à de nouvelles réductions des délais de paiement. D’autant que plusieurs enquêtes sur 2011 font état de délais de paiement plus longs … ce qui n’empêche pas une situation plus favorable en France que la moyenne européenne.   

*Ecart entre 104 milliards de crédits clients et 97 milliards de dette fournisseur

Au-delà des entreprises, les chiffres publiés par l’Observatoire « indiquent que  la situation des administrations ne s’est pas améliorée et soulignent le fait
que certaines collectivités territoriales continuent de ne pas respecter la loi
». S’agissant de l’Etat, le « délai global de paiement »** s’est fortement allongé (36 jours fin de novembre 2011, contre 27 jours fin 2010), pour des raisons largement circonstancielles : la réorganisation en cours de la chaîne de la dépense publique a continué de peser sur les délais de paiement. Mais l’achèvement de la mise en place d’un nouveau progiciel de gestion (Chorus) laisse entrevoir des progrès importants, à en croire la réduction de moitié des délais de paiement depuis le 1er janvier 2010 dans les ministères qui ont adopté ce progiciel et réorganisé les services en charge de l’exécution de la dépense.

**Le DGP mesure le délai séparant la date effective de réception de la facture par les services de l’Etat de la date de mise en paiement de la dépense par le comptable. Il englobe donc l’ensemble de la chaîne de la dépense publique : des délais d’ordonnancement  aux délais d’intervention des comptables publics.

Plus préoccupant, le délai global de paiement des grandes collectivités territoriales continue d’augmenter. Si globalement, il est passé de 25 jours fin 2010 à 26 jours fin 2011, il a augmenté de 28,6 à 31,2 jours pour les régions et de 26,1 à 27,1 jours pour les communes de plus de 10 000 habitants.  L’augmentation a été de 36,7 à 38,5 jours pour les établissements publics hospitaliers.

L’enjeu d’une réduction des délais de paiement  des administrations publiques dépasse largement les seules entreprises de la construction. Il concerne également nombre de secteurs producteurs de fournitures courantes ou prestataires de services.


Le climat des affaires en Allemagne continue de s’améliorer. En effet, l’indice synthétique IFO, concernant les secteurs du commerce, de l’industrie manufacturière et de la construction, a continué de se redresser en février 2012, pour le quatrième mois consécutif. Il s’agit de la plus forte hausse mensuelle depuis novembre 2010.

Ce redressement en février 2012 se retrouve désormais dans toutes les composantes de l’indicateur synthétique :

  • la composante « situation actuelle » marque un redressement après trois mois de quasi-stagnation.
  • la composante « situation future » (perspectives à 6 mois) poursuit son redressement amorcé en novembre 2011. Cette évolution reflète la confiance des chefs d’entreprises que n’a pas contrariée le recul de l’activité allemande au 4ème trimestre 2011 (-0,2%).

 




La Commission Européenne vient de publier ses prévisions intermédiaires pour 2012 (« Interim Forecast », 23 février 2012).

Quatre remarques :

  • révision à la baisse de la croissance attendue dans la zone euro pour 2012 : -0,3% (+0,5% dans les prévisions d’automne 2011). Ce recul prévu de l’activité fait suite à une croissance de +1,4% en 2011 ;
  • ce recul de -0,3% recouvrirait une quasi- stagnation au 1er semestre 2012 (-0,3% au 1er trimestre, 0% au 2ème trimestre) suivie d’un léger raffermissement au second semestre (+0,2% au 3ème puis au 4ème trimestre) ;
  • la révision à la baisse pour 2012 concerne tous les pays de la zone, à l’exception de la Slovaquie ;
  • les divergences de dynamique de croissance au sein de la zone euro resteront fortes en 2012 : 
    •  8 pays seront en récession, dont toujours le Portugal et la Grèce, mais aussi, avec une moindre intensité, l’Espagne et l’Italie ;
    •  6 pays auront une croissance inférieure à 1%, dont la France et l’Allemagne ;
    •  3 pays auront une croissance supérieure à 1% (Malte, Estonie, Slovaquie).

Si ces prévisions se confirment, les pays de la zone euro  auront traversé la crise de façon très différente. Le PIB de la zone euro en 2012 serait encore inférieur de 1% à son niveau de 2007. Mais ceci recouvrirait des situations diverses selon les pays : le PIB grec serait inférieur de 17% à son niveau d’avant crise. Celui de l’Allemagne le dépasserait de 3% et celui de la France de +0,7%.



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