Gilbert Saboya est Ministre des Affaires étrangères de la Principauté d'Andorre.
Arnaud Vaissié est Président de la Chambre de Commerce française de Grande-Bretagne et Président Directeur-Général d'International SOS
Les trophées de l'Action Managériale sont lancés ... Vous pouvez dès maintenant envoyer votre candidature !
Le CNPA, avec l'appui du Ministère du Redressement Productif et de nombreux partenaires, lance une grande campagne en faveur du pouvoir d'achat des automobilistes, intitulée "On se bouge avec le CNPA!"
Chaque trimestre, un tour d'horizon de l'économie mondiale, européenne et française, présenté par Michel Guilbaud, Directeur général du MEDEF.
Conclusion du 6e Forum Education-Entreprise le 20 mars 2013
Conclusion du 6e Forum Education-Entreprise le 20 mars 2013
Chaque semaine, les grandes tendances macro-économiques expliquées et commentées.

FRANCE
1.Croissance du PIB au 1er trimestre 2013 : baisse de -0,2% comme au 4ème trimestre 2012
2.Déficit commercial au 1er trimestre 2013 : -65,6 milliards d’euros en cumul sur un an, contre -72,5 milliards d’euros un an plus tôt
3.Emploi salarié au 1er trimestre 2013 : -20 300 postes sur un trimestre, -133 800 sur un an
4.Production industrielle en mars 2013 : un repli de -1% sur un mois, -4,9% sur un an
5.Prix à la consommation en avril 2013 : -0,4% l’an sur trois mois, +0,7% sur un an
6.Budgets d’investissement dans l’industrie en 2013 : révision à la baisse de 4 points, après une révision à la hausse de 5 points pour 2012, entre l’enquête de janvier et celle d’avril 2013
INTERNATIONAL
7.Climat des affaires aux Etats-Unis en avril 2013 : repli de l’indice dans tous les secteurs
8.Tendances récentes des marchés
BRÈVE
Première estimation de la Banque de France pour la croissance de la France au 2ème trimestre 2013 : +0,1%.

Selon la première estimation de l’INSEE, la croissance du PIB a été négative au 1er trimestre 2013 : -0,2% en volume (-0,7% en rythme annualisé), après -0,2% au 4ème trimestre 2012 (-0,3% dans l’estimation précédente). La France est donc entrée en récession au début de l’année 2013 (deux trimestres consécutifs de contraction du PIB).
Le PIB est inférieur de -0,4% à son niveau du 1er trimestre 2012, chiffre qui confirme l’épuisement de la croissance entamé au début de l’année 2011.
Cette baisse du PIB au 1er trimestre 2013 résulte d’une contribution négative de la demande intérieure hors stocks (-0,1 point) et du commerce extérieur (-0,2 point), alors que la contribution des stocks a été positive (+0,1 point).
Elle recouvre :
En termes sectoriels :
En termes de composantes :

Après une stagnation sur l’ensemble de l’année 2012, l’acquis de croissance pour 2013 est de -0,3%, c’est-à-dire que si la croissance des trois derniers trimestres de 2013 est nulle, l’activité économique de la France se contracterait de -0,3% entre 2012 et 2013.
Les indicateurs et les enquêtes de conjoncture laissent mal augurer de l’évolution économique au printemps et à l’été. Pour sa part, la Banque de France retient une croissance de +0,1% au 2ème trimestre. En tout cas, il faudrait un rebond significatif au second semestre, que rien ne laisse envisager, pour que se concrétise la prévision du Gouvernement d’une croissance de +0,1% en 2013.
La baisse du PIB de -0,2% en France au premier trimestre 2013 est semblable à celle de l’ensemble de la zone euro avec des évolutions contrastées, de -0,5% en Italie à +0,1% en Allemagne et en Belgique.


En mars 2013, le déficit commercial FAB-FAB s’est réduit de -5,6 milliards d’euros à -4,7 milliards d’euros. Cette amélioration relative provient d’une progression des exportations (+1,4%), après deux mois de repli, grâce à la réalisation de grands contrats de matériels de transport (livraison d’un paquebot, livraisons record d’airbus). De leur côté, les importations ont continué de se replier (-1,1%).
Néanmoins, sur l’ensemble du 1er trimestre 2013, le déficit commercial a continué de s’accroître, de -15,4 milliards d’euros à -15,9 milliards d’euros. Ce creusement du déficit commercial est imputable à une accentuation du repli des exportations (-2,3%), du fait principalement des livraisons aéronautiques et spatiales et de la chimie. Les importations se sont également de nouveau repliées mais de façon moins marquée (-1,6%). Cette contraction concerne essentiellement la chimie, l’habillement et la pharmacie.
En cumul sur un an, le déficit FAB-FAB s’est réduit, passant de -72,5 milliards au 1er trimestre 2012 à -65,6 milliards d’euros au 1er trimestre 2013.
En données FAB-CAF, il est passé de -89,3 à -82,7 milliards d’euros, soit une réduction de 6,6 milliards d’euros.
Sur le plan sectoriel, la facture énergétique a continué de s’alourdir, avec le déficit passant de -65 à -68,4 milliards d’euros. En revanche, point positif : le déficit manufacturier a poursuivi sa réduction, de -35,2 à -26,6 milliards d’euros, conséquence du tassement de la demande intérieure.

Sur le plan géographique, le déficit de nos échanges avec la zone euro a continué de se creuser, de -39,5 à -42,1 milliards d’euros, représentant la moitié du déficit total. Cette évolution s’explique largement par la mauvaise conjoncture dans la zone euro. 43% de ce déficit est imputable à nos échanges avec l’Allemagne. A l’opposé, le déficit de nos échanges avec l’Europe hors UE et celui avec l’Asie ont continué de se réduire : respectivement de -14,5 à -10,1 milliards d’euros et de -28,9 à -23,5 milliards d’euros.


Selon une première estimation, les effectifs salariés du secteur marchand non agricole ont poursuivi leur repli au 1er trimestre 2013, même s’il a été moins marqué qu’aux trimestres précédents : -20 300 postes (-0,1%), après -44 700 au 4ème trimestre 2012 (-0,3%). Il s’agit du 4ème trimestre consécutif de contraction de l’emploi salarié. Ce dernier compte désormais 15 940 000 personnes, étant ainsi retombé à son niveau de fin 2009 - début 2010.
Hors intérim, la baisse des effectifs a été plus importante : -31 700 postes, après -35 400 fin 2012.
Cette nouvelles contraction des effectifs au début de l’année 2013 se retrouve dans tous les secteurs, à l’exception de l’intérim (+11 400 postes, alors qu’il était en baisse depuis la mi-2011) :
Sur un an, les effectifs salariés se sont contractés de -133 800 postes (-0,8%), avec, en particulier, une baisse de -8,2% de l’emploi intérimaire.


La production dans l’industrie manufacturière s’est contractée de -1% en mars 2013 (-4,9% sur un an), faisant plus qu’annuler la progression enregistrée en février (+0,8% en volume). Cette diminution se retrouve dans tous les grands secteurs, à l’exception de la fabrication de machines et d’équipements qui a enregistré une hausse de +0,5%.
L’activité manufacturière s’est repliée au 1er trimestre 2013 de -0,9% par rapport au trimestre précédent (-4,2% sur un an).
Cette baisse affecte la plupart des secteurs : -0,7% dans la fabrication d’équipements, -2,1% dans les industries agroalimentaires, -2,4% dans la fabrication de matériels de transport (-4% dans l’automobile). En revanche, la production dans la cokéfaction et le raffinage a nettement progressé (+7,9%), grâce au redémarrage d’une raffinerie.
Poursuivant ainsi la tendance baissière à l’œuvre depuis début 2011, la production dans l’industrie manufacturière est inférieure de 18,6% à son point haut d’avril 2008 (moyenne mobile sur trois mois). A titre indicatif, celle en Allemagne est inférieure de 5% à son point haut de 2008.

L’indice des prix à la consommation en données brutes s’est replié de -0,1% en avril 2013, après +0,8% en mars.
En données corrigées des variations saisonnières, la baisse de l’indice a été plus marquée (-0,3%, après +0,3%). Cette baisse recouvre un léger repli des prix des produits manufacturés (-0,1%) et des services (-0,1%), une nette contraction des prix des produits énergétiques (-1,4%), et une augmentation des prix des produits alimentaires (+0,3%).
Sur un an, l’indice a poursuivi son ralentissement : +0,7%, rythme le plus faible depuis novembre 2009.
Les prix ont baissé de -0,4% l’an en avril 2013 par rapport au mois de janvier, après +0,3% entre octobre et janvier. Cette baisse recouvre :
L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie et produits frais) est devenue négative en fin de période :-0,3% l’an sur trois mois, après +1,1%. Sur un an, la hausse a été de +0,4%.

L’INSEE vient de publier l’enquête d’avril 2013 sur les budgets d’investissement dans l’industrie manufacturière (1/4 de l’investissement productif en France). Il ressort de cette enquête, par rapport à celle de janvier 2013 :
C’est dire que la progression cumulée des budgets d’investissement pour les deux années 2012 et 2013 serait supérieure d’un point à celle de l’enquête de janvier.
Sectoriellement, cette révision à la baisse des investissements pour 2013 se retrouve dans tous les secteurs, à l’exception de l’automobile (recul de -20% dans l’enquête d’avril, du même ordre que dans l’enquête de janvier, après, il est vrai, +22% en 2012). Elle a été particulièrement marquée dans les industries agroalimentaires (+2%, contre +6% dans l’enquête de janvier, après +8% en 2012) et dans le secteur des équipements (+3%, contre +9% initialement prévu, après -5% en 2012).
Les motivations des investissements en 2013 resteraient similaires à celles de 2012 : 30% sont destinés au renouvellement des équipements (niveau supérieur à la moyenne des vingt dernières années), 24% à la modernisation ou à la rationalisation, 21% à des projets liés à la sécurité, l’environnement et aux conditions de travail. En revanche, la part des investissements consacrés à l’extension des capacités (13%) et à l’introduction de nouveaux produits (12%) est inférieure à la moyenne 1991-2012.
Par ailleurs, 2/3 des industriels prévoient pour 2013 des déclassements d’équipements, contre 77% en moyenne sur 1991-2012. C’est un autre signe que, compte tenu notamment de leurs difficultés de financement, les industriels ne procèdent à des renouvellements qu’en cas de réelle nécessité.

Selon la dernière enquête auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM aux Etats-Unis s’est de nouveau replié en avril 2013, aussi bien dans le secteur manufacturier que dans le secteur non manufacturier. Les indices restent supérieurs à la ligne des 50 (seuil délimitant la zone d’expansion de l’activité de la zone de contraction de l’activité). L’indice du climat des affaires dans le secteur manufacturier est même inférieur à sa moyenne de longue période (2000-2012).
Dans le détail, le repli de l’indice dans le secteur manufacturier est imputable à celui de la composante « emploi ». En revanche, les carnets de commandes et les perspectives de production sont bien orientés.
Dans le secteur non manufacturier, ce repli de l’indice synthétique s’explique par ses composantes “carnets de commandes” et “emploi”.
Ce repli de l’indice du climat des affaires peut trouver son explication dans la réduction automatique des dépenses publiques, notamment dans le domaine de la défense, dans l’ajustement des stocks, après un rebond au début de l’année, ainsi que dans l’alourdissement de la pression fiscale, sur fond de lourdeur de l’investissement des entreprises.
Ceci suggère que la croissance du PIB aux Etats-Unis devrait ralentir au 2ème trimestre 2013, après un rebond modeste au 1er trimestre (+0,6%).



FRANCE
1.Demandes d’emploi en mars 2013 : hausse de +332 300 sur un an (+11,5%), pour atteindre 3 224 600 personnes
2.Dépenses de consommation des ménages : recul au 1er trimestre 2013 malgré le rebond de mars
3.Moral des ménages en avril 2013 : un pessimisme accru concernant le niveau de vie en France
ZONE EURO
4.Energies renouvelables en Europe : des disparités qui reflètent les différences de mix énergétiques et de ressources naturelles
INTERNATIONAL
5.Croissance aux Etats-Unis au 1er trimestre 2013 : un rebond à +0,6%, largement imputable à la consommation des ménages
6.Tendances récentes des marchés
BREVE
La Banque Centrale Européenne a baissé le 2 mai 2013 son taux directeur de 0,75% à 0,50%, niveau historiquement bas. Pour mémoire, le taux directeur de la Réserve Fédérale américaine est autour de 0,125%.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine a poursuivi son ascension en mars 2013 : +1,2%, soit +36 900 personnes. En hausse pour le 23ème mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi a atteint un record historique : 3 224 600, dépassant son point haut de 1997.
En y ajoutant les personnes en activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi est de 4 741 100.
Ainsi, le taux de chômage au sens du BIT devrait s’élever à 10,4% de la population active au 1er trimestre 2013 pour la France métropolitaine selon la dernière Note de conjoncture de l’INSEE (mars 2013), après 10,2% au 4ème trimestre 2012. Il se rapproche ainsi de son record de 1997 (10,8%) sans pour autant l’atteindre, compte tenu de l’augmentation de la population active au cours de la période.
Entre mars 2012 et mars 2013, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de +11,5% (+332 300 personnes). Il s’agit de sa plus forte hausse depuis début 2010.
Par sexe, la hausse a été une nouvelle fois plus marquée chez les hommes (+12,9% sur un an, soit +192 800 personnes) que chez les femmes (+10%, soit +139 500).
Par tranche d’âge, la progression a été de l’ordre de 10% pour les demandeurs d’emploi de moins de 50 ans : +10,9% pour les moins de 25 ans (+53 800), +9,9% pour les 25-49 ans (+178 300). En revanche, le nombre des chômeurs de 50 ans et plus a progressé de +17% sur un an (+100 200).

Les dépenses de consommation des ménages en biens (50% de la totalité de la consommation en biens et services) ont, contre toute attente, progressé en mars 2013 : +1,3% en volume, après une baisse de -0,2% en février. Ce rebond est principalement imputable à celui des achats alimentaires (+2,6%) et au dynamisme de la consommation en énergie (+2,8%).
Néanmoins, sur l’ensemble du 1er trimestre 2013, les achats des ménages ont reculé de -0,4% par rapport au trimestre précédent (-0,7% sur un an), après -0,1% au dernier trimestre de 2012.
Ce recul au début de l’année 2013 recouvre des évolutions diverses selon les catégories de biens :
La forte dégradation des indicateurs sur l’activité prévue et les intentions de commandes dans les commerces de détail (généralistes et spécialisés) en avril dernier fait craindre un nouvel affaiblissement des achats au printemps.

L’indicateur synthétique de confiance des ménages est resté stable en avril 2013, à un niveau nettement plus bas que celui d’avril 2012 et très inférieur à sa moyenne de longue période.
Dans le détail, les ménages sont encore plus pessimistes qu’au mois précédent sur leur situation financière future et plus largement sur le niveau de vie futur en France. En effet, le solde d’opinion sur ce dernier point a continué de reculer à un niveau historiquement bas.
Par ailleurs, les ménages sont légèrement moins nombreux qu’en mars à anticiper une augmentation du chômage. Néanmoins, le solde reste plus élevé qu’il y a un an, et très largement au-dessus de sa moyenne de longue période.


Eurostat vient de publier un état comparé de la part de l’énergie d’origine renouvelable* dans la consommation finale d’énergie au sein de l’Union européenne en 2011. Cette publication met en évidence trois points.
*- Energie solaire, thermique et photovoltaïque, énergie hydraulique (y compris celle provenant des marées, des vagues et des océans), énergie éolienne, énergie géothermique et biomasse
**- Première année où les proportions sont calculées de manière harmonisée

La France était en 2011 à mi-parcours de son objectif. Parmi les Etats qui la précèdent (performances de 67 à 95% de l’objectif), figurent la quasi-totalité de ceux entrés dans l’Union le plus récemment (Europe centrale et orientale), partis de mix les plus carbonés, et contraints de substituer massivement et rapidement des énergies renouvelables aux énergies fossiles.
La France ne manque pas d’atouts dans ce domaine des énergies renouvelables. En termes de ressources (façade maritime, premier massif forestier exploitable d’Europe hors Scandinavie, hydraulique, etc.). Mais aussi en termes de savoir-faire, avec des acteurs de premier rang européen ou mondial (R&D, technologies, ingénierie, maîtrise d’ouvrage), notamment dans l’exploitation de la biomasse, la cogénération, l’éolien, l’hydraulique (petit, moyen et grand). Aussi, l’objectif européen 2020 constitue-t-il un potentiel important de demande pour les entreprises françaises, tant sur le marché intérieur qu’à l’exportation.

Selon une première estimation, la croissance du PIB aux Etats-Unis a rebondi au 1er trimestre 2013 (+0,6%, soit +2,5% l’an), après avoir marqué le pas à la fin de l’année 2012 (+0,4% l’an). Sur un an, le PIB américain a progressé de +1,8%.
Du côté des ménages, la consommation en biens et services n’a jamais autant progressé depuis le 4ème trimestre 2010 : +3,2% en rythme annualisé. A elle seule, elle a réalisé 2,2 points de croissance, et ceci malgré le relèvement des impôts et des cotisations sociales. En raison d’une baisse de leur revenu disponible brut*, les ménages ont soutenu leur consommation en puisant massivement dans leur épargne (taux d’épargne qui a chuté de 4,7% du revenu disponible brut à 2,6% au 1er trimestre 2013). Par ailleurs, l’investissement résidentiel est resté vigoureux malgré un ralentissement (+12,6% l’an, après +17,6% l’an au 4ème trimestre 2012).
* – Revenu total (capital, travail, etc.) après impôts et cotisations sociales
Du côté des entreprises, la progression des investissements a été limitée à +2,1% l’an, après une augmentation de +13,2% fin 2012. Autre point : l’accélération de la formation des stocks (contribution positive à la croissance).
Concernant les échanges extérieurs, la progression des importations en biens et services (+5,4%) a été plus importante que celle des exportations (+2,9%), d’où une contribution négative à la croissance, de -0,5 point.
Enfin, les dépenses publiques se sont de nouveau contractées. En particulier, celles de l’Etat fédéral ont fortement baissé dans le domaine militaire (-11,5%, après -22,1% le trimestre précédent).
Cette baisse a permis une réduction sensible du déficit public américain, qui serait passé de -8,5% du PIB au 4ème trimestre 2012 à -6,7% au 1er trimestre 2013.
La croissance américaine se poursuit à un rythme modéré, malgré le soutien de la politique monétaire de la Fed. En effet, la réduction du déficit, qui va se poursuivre, continuera de peser sur l’activité, et la consommation risque d’être moins dynamique, la baisse du taux d’épargne enregistrée en début d’année n’étant pas extrapolable.
Les principaux moteurs de la conjoncture américaine seront la construction de logements (rattrapage de l’insuffisance de construction de logements cumulée au cours des dernières années, effet de richesse des ménages) et les investissements des entreprises (besoin de redressement avec un parc qui vieillit, taux de marge toujours élevé malgré un tassement au début de l’année).



FRANCE
1.Climat des affaires en avril 2013 : nouvelle dégradation de l’indicateur à un niveau très défavorable
2.Situation dans l’industrie : redressement attendu de la demande au 2ème trimestre 2013, après le recul du 1er trimestre
ZONE EURO
3.Climat des affaires en Allemagne en avril 2013 : repli de l’indicateur pour le deuxième mois consécutif
INTERNATIONAL
4.Produits de base mi-avril 2013 : repli des cours, suggérant un fléchissement de l’économie mondiale
5.Tendances récentes des marchés

Le climat des affaires en France s’est de nouveau détérioré en avril 2013 : l’indicateur s’est en effet replié et reste inférieur à sa moyenne de longue période. Ceci laisse penser que le printemps ne sera pas meilleur que le début de l’année.
Cette nouvelle baisse de l’indicateur se retrouve dans tous les secteurs à l’exception du Bâtiment, où le climat reste très préoccupant (pessimisme persistant concernant l’activité des prochains mois, emploi en berne, carnets de commandes toujours jugés largement inférieurs à la moyenne) :


L’INSEE vient de publier l’enquête trimestrielle de conjoncture dans l’industrie manufacturière pour le premier trimestre 2013. Quatre points sont à souligner :


Le climat des affaires en Allemagne s’est de nouveau détérioré en avril 2013. L’indice IFO des secteurs de l’industrie manufacturière, de la construction et du commerce s’est replié pour le deuxième mois consécutif, tout en restant supérieur à sa moyenne de longue période (2000-2012).
Ce nouveau repli concerne à la fois la composante « situation actuelle » et les perspectives à six mois. Il reste que dans chacun de ces cas, l’indice est toujours au-dessus de son niveau moyen des années 2000-2012.
Cette évolution de l’indice IFO est conforme à celle de l’indice de confiance des directeurs d’achat (PMI) du mois d’avril, passé sous la barre des 50 (seuil délimitant la zone d’expansion et de contraction de l’activité), notamment en raison du ralentissement des commandes à l’exportation principalement en provenance de la zone euro dans le secteur manufacturier.
La croissance de l’activité allemande semble donc ralentir au début du printemps, sans pour autant s’effondrer.

Les cours mondiaux des produits de base se sont nettement repliés lors des dernières semaines.
D’une part, cette évolution semble indiquer un ralentissement de l’économie mondiale au printemps 2013.
D’autre part, elle pourrait accentuer la désinflation, voire pousser à la déflation, notamment dans les pays déjà en récession.
De fait, l’indice Coe-Rexecode du cours des matières premières hors pétrole et métaux précieux est retombé à son niveau de la rentrée 2010. Il s’est replié de -2,2% entre le 1er et le 24 avril (-3,7% en euros) et de -6,6% depuis début janvier (-5,3% en euros).
La baisse un peu plus marquée en euros qu’en dollars sur la période récente, bonne nouvelle pour les entreprises françaises et européennes, tient naturellement à la légère appréciation de l’euro au cours de la période considérée.
Dans le détail, malgré une hausse observée au cours des derniers jours, les prix des matières premières industrielles ont baissé de -5,7% en dollars au cours des trois dernières semaines (-7,4% depuis janvier), retombant à leur niveau de l’été 2012, et de -7,1% en euros.
Cette baisse s’explique en partie par celle des métaux communs (cuivre, zinc, aluminium, etc.). Ils ont en effet reculé en dollars (-6% sur la période récente, -8,3% depuis janvier) et en euros (-7,4%, -7%).
Par ailleurs, les prix en dollars des matières premières agricoles se sont repliés de -5,1% (-5,5% depuis janvier), notamment ceux de la laine et du caoutchouc.
Simultanément, malgré une remontée ces derniers jours, le cours de l’or s’est contracté de -10,6% entre le 1er et le 24 avril 2013 (-13,8% depuis janvier), atteignant 1 428 dollars l’once. Il était retombé sous la barre des 1 400 dollars l’once mi-avril, plus bas niveau depuis février 2011.
Enfin, depuis début avril, le prix du pétrole s’est également replié : -8,9% en dollars à 99,8 dollars le baril de Brent. Il est à son plus bas niveau depuis l’été 2012. La baisse a été un peu plus marquée en euros (-10,3% depuis début avril à 76,8 euros). Naturellement, ce repli se sont répercutés sur les prix de l’essence : en France, le niveau du gazole est tombé à 1,356 euros le litre en avril 2013 (et même 1,32 euros le vendredi 19 avril), après 1,39 euros en mars et 1,41 euros en février.




FRANCE
1.Financement des grandes entreprises en avril 2013 : pas d’amélioration de la trésorerie d’exploitation
2.Créations d’entreprise en mars 2013 : -3,7% sur un an (+7,4% hors auto-entrepreneurs)
3.Taux de survie des entreprises 5 ans après leur création : 50% pour celles créées en 2006, contre 54% pour celles créées en 2002,
4.Programme de stabilité de la France 2013-2017 : un scénario de redressement des finances publiques bâti sur des hypothèses de croissance qui demeurent irréalistes
INTERNATIONAL
5.Perspectives économiques mondiales du FMI pour 2013 : révision à la baisse
6.Marché du logement aux Etats-Unis en mars 2013 : net rebond des mises en chantier à 1 036 000 en rythme annualisé
7.Tendances récentes des marchés

Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 4 et le 10 avril 2013 auprès des trésoriers des « grandes entreprises » (500 salariés et plus), quatre points sont à souligner :


Les créations d’entreprise se sont accrues de +3,1% en mars 2013, hausse faisant plus que compenser le repli de -2,7% en février. Cette augmentation résulte exclusivement de celle des créations d’auto-entreprise (+6,6%, données brutes), les créations hors auto-entrepreneurs s’étant légèrement contractées (-0,7%, données CVS).
Au 1er trimestre 2013, le nombre de créations d’entreprise reste néanmoins en retrait de -3,7% par rapport à son niveau du 1er trimestre 2012.
Par type d’entreprise, cette baisse s’explique essentiellement par celle des créations d’auto-entreprises (-11,6% sur un an), qui représentent 53,4% de l’ensemble des créations. En revanche, les créations hors auto-entrepreneurs ont progressé de +7,4%.
Par type d’activité, le repli se retrouve dans tous les grands secteurs : -6,3% dans la construction, -4,6% dans l’industrie et dans les services marchands, -3,5% dans le commerce. Au sein des services marchands, qui représentent 48,8% de l’ensemble des créations, trois secteurs ont enregistré une augmentation des créations d’entreprise : l’hébergement et la restauration (+1,9%), les transports et l’entreposage (+12,3%), les activités financières et d’assurance (+15,6%).

Selon une récente publication de l’INSEE (INSEE Première n° 1441 – avril 2013), parmi les 286 000 entreprises créées en 2006, 50% étaient encore actives en 2011. Parmi celles créées en 2002, 54% étaient encore actives cinq ans plus tard.
Environ 10% des entreprises créées en 2006 ont disparu chaque année, avec des caps plus difficiles lors de la 2ème (2008) et de la 3ème année (2009). La crise économique de 2008 a en effet accentué les difficultés des nouvelles entreprises, et donc les défaillances.
Ce taux de pérennité à cinq ans recouvre de fortes disparités sectorielles. Les entreprises créées dans la construction et le commerce sont les moins pérennes (respectivement 47% et 45%). Les entreprises qui résistent le mieux sont celles créées dans les transports et l’entreposage (61%) ainsi que dans les services aux entreprises (58%).
A titre indicatif, le taux de pérennité s’est réduit entre la génération 2002 et la génération 2006 dans tous les secteurs à l’exception de l’industrie, où il a stagné, et de l’hébergement - restauration, où il s’est accru.

Outre le secteur d’activité, l’enquête de l’INSEE souligne trois autres facteurs qui favorisent la réussite d’un projet :

Le Gouvernement vient de publier le « Programme de stabilité de la France 2013-2017 » (avril 2013), qui présente la trajectoire budgétaire de la France jusqu’à 2017, et qu’il va transmettre à la Commission européenne, le 30 avril prochain.
1-Cadrage macroéconomique retenu par le Gouvernement
Trajectoire des finances publiques retenue:
Cette trajectoire repose sur des hypothèses de croissance 2013-2014 révisées à la baisse par rapport au précédent programme publié en décembre 2012 : +0,1% en 2013 et +1,2% en 2014, après 0% en 2012. En revanche, elle maintient celles des années 2015-2017 (+2%).
La projection de croissance retenue par le Gouvernement repose sur l’hypothèses d’impulsions fortes des principales composantes de la demande, qui toutes vont se raffermir en 2014 et monter fortement en puissance en 2015-2017, sur fond d’amélioration de l’emploi et du pouvoir d’achat salarial.

2- Des perspectives de croissance qui demeurent irréalistes
Le scénario macroéconomique présenté suppose une conjonction des hypothèses les plus favorables sur chacune des composantes de la demande
- consommation des ménages, investissements des entreprises, exportations - que rien ne permet d’envisager pour 2013-2014, ni même pour 2015-2017. Et ce pour les mêmes raisons que celles nous avions avancées à propos du précédent Programme de stabilité.
dans l’avis qu’il vient de publier sur ces prévisions* , Le Haut Conseil des Finances Publiques (HCFP) considère d’ailleurs qu’« un léger recul du PIB en 2013 et une croissance sensiblement inférieure à 1,2% en 2014 ne peuvent être exclus »**.
* - Avis HCPF 2013-01 relatif aux prévisions macroéconomiques associées au projet de programme de stabilité pour les années 12013 à 2017 (15 avril 2013)
** - C’est la dernière prévision du FMI pour la France (-0,1% en 2013 et +0,9% en 2014). Le Consensus retient -0,1% pour 2013 et -0,7% pour 2014 (avril 2013)
Pour 2013 et 2014, il a en effet identifié trois types d’aléas susceptibles de différer la reprise :
* Pour les années 2015-2017, le Haut Conseil émet autant de réserves sur la croissance moyenne prévue de 2%, qui repose sur l’hypothèse d’un redressement de la croissance potentielle à 1,5%, après cinq années de baisse (accélération du progrès technique, stabilisation du nombre des heures travaillées, progression de l’accumulation du capital productif). Ces réserves sont de plusieurs natures :
Au total, pour le HCFP, « la prévision d’une croissance effective de 2% par an dès l’année 2015 est incertaine ». Elle paraît même improbable, sauf retournement significatif et durable des anticipations et accélération des progrès techniques permettant des gains importants et rapides de productivité. A défaut, la croissance peut dépasser son potentiel (1 à 1,5%) quelques trimestres au cours de la période, certainement pas trois années durant.

Le Fond Monétaire International (FMI) vient de publier ses nouvelles « perspectives économiques mondiales » pour 2013 et 2014.
1-Une révision à la baisse de la croissance en 2013
Cette nouvelle prévision du FMI confirme le passage d’une reprise à deux vitesses (pays émergents / pays développés) à une reprise à trois vitesses:
La croissance mondiale est une nouvelle fois légèrement révisée à la baisse pour 2013 : +3,3% (+3,5% dans la prévision de janvier 2013, après +3,2% en 2012) et le commerce mondial s’accélèrera en 2013, à un rythme un peu moins soutenu que celui envisagé en début d’année (+3,6%, après +2,5% en 2012).
La croissance dans les pays émergents, plus modérée que celle prévue en début d’année, restera vigoureuse. La croissance chinoise atteindrait 8%, contre +8,1% dans la prévision de janvier (7,8% en 2012).
Dans les pays développés, la croissance sera un peu plus anémique que prévu (+1,2% contre +1,3% dans la prévision de janvier), sauf au Japon.
Au total, selon le FMI, « les chaînes de réaction négatives entre les banques fragiles, les pays fragiles et l’activité languissante continuent de se renforcer mutuellement » au détriment d’une reprise au sein de la zone euro.
2- Six orientations pour réactiver la croissance dans la zone euro
Même si les « risques de crise grave » ont diminué grâce aux mesures « décisives » prises après la rentrée 2012 (programme OMT, achèvement du MES, accord sur le Mécanisme de surveillance unique), le FMI pointe celui d’une « nouvelle dégradation en cas de stagnation ou de réapparition des tensions si les responsables relâchent l’effort ou si les évènements de Chypre provoquent une fragmentation durable des marchés financiers ».
D’où l’insistance, pour limiter les risques d’une nouvelle détérioration de la situation et renforcer les chances d’une amélioration de « stopper la baisse de la demande et progresser dans la voie de l’union bancaire et de l’intégration budgétaire ». Ce qui veut dire :

Le marché de la construction résidentielle aux Etats-Unis a poursuivi son embellie en mars 2013. Les mises en chantier de logements neufs ont dépassé la barre du million, atteignant son plus haut niveau depuis juin 2008. Elles ont progressé de +7% sur un mois et de +46,7% sur un an.
En revanche, les perspectives du marché se sont quelque peu assombries. D’une part, les permis de construire se sont repliés de -3,9%, annulant la hausse enregistrée en février (+3,9%). Ils sont en progression de +17,3% sur un an.
D’autre part, l’indice de confiance des constructeurs dans le secteur résidentiel a de nouveau reculé en avril. Il s’agit du troisième mois consécutif de baisse.
Toutefois, en moyenne sur le 1er trimestre 2013, les mises en chantier ont augmenté de +7,2% par rapport au trimestre précédent (+35,5% sur un an). De leur côté, les permis de construire se sont également inscrits en hausse (+2,5% sur un trimestre, +27,1% sur un an).
Les mises en chantier sont désormais au nombre de 969 000 en rythme annualisé. Ils sont encore inférieures de -27,4% à leur moyenne des années 2000-2012 et de -46,1% à leur moyenne 2000-2006.



FRANCE
1.Echanges extérieurs en février 2013 : réduction du déficit à -66,8 milliards d’euros en cumul sur douze mois, grâce au ralentissement des importations
2.Production industrielle en février en 2013 : +0,8% imputable notamment au rebond dans la cokéfaction et le raffinage
3.Prix à la consommation en mars 2013 : +1% sur un an, rythme le plus faible depuis décembre 2009
4.Crédits aux entreprises en mars 2013 : conditions d’octroi inchangées, effritement de la demande
5.Mix électrique en France entre 1980 et 2010 : l’empreinte du choix du nucléaire (76% de la production électrique)
INTERNATIONAL
6.Marché de l’emploi aux Etats-Unis en mars 2013 : un nombre décevant de créations d’emploi qui n’a pas empêché une nouvelle baisse du taux de chômage
7.Tendances récentes des marchés

Le déficit FAB-FAB des échanges de marchandises s’est de nouveau creusé en février 2013, de -5,7 milliards d’euros à -6 milliards d’euros.
Les exportations ont continué de reculer (-1,9%, après -2,4%), en raison notamment du tassement des livraisons de biens intermédiaires et d’un aléa négatif sur les ventes aéronautiques et spatiales.
Les importations se sont également repliées mais de façon moins marquée (-0,8%, après -1,7%). Cette baisse reste modérée du fait d’un rebond des achats de matériels de transport (aéronautique et automobile).
En glissement sur douze mois, le déficit commercial s’est de nouveau réduit : -66,8 milliards d’euros en février 2013, contre -73,1 milliards d’euros un an plus tôt. Il a retrouvé son niveau de juin 2011. Cette évolution a été rendue possible par une décélération des importations (+1% sur un an, après +10% en février 2012) plus marquée que celles des exportations (+2,6%, après +7,8%).
En données FAB-CAF (définition permettant d’analyser les échanges en termes sectoriels et géographiques), le déficit commercial, toujours en glissement sur douze mois, s’est réduit de 6,1 milliards d’euros, passant de -89,9 milliards d’euros en février 2012 à -83,8 milliards d’euros en février 2013.
Par secteur, cette amélioration du déficit est entièrement imputable à la réduction du déficit industriel de 9,6 milliards d’euros, de -36,7 milliards à -27,1 milliards d’euros en février 2013. L’excédent agroalimentaire s’est accru de 0,8 milliard, pour atteindre 12,1 milliards d’euros. En revanche, le déficit énergétique s’est de nouveau creusé (de 4,7 milliards d’euros), passant de -64,3 milliards à -69 milliards d’euros.

Par zone géographique, la réduction du déficit recouvre :


La production dans l’industrie manufacturière s’est accrue en février 2013 (+0,8% en volume), après un repli de -1,3% en janvier. Cette progression est notamment imputable au net rebond enregistré dans la cokéfaction et le raffinage (+17%, suite au redémarrage d’une raffinerie après plusieurs mois de maintenance) et, dans une moindre mesure, à la hausse de la fabrication de matériels de transport (+3,6%).
Toutefois, en moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (décembre 2012, janvier, février 2013), l’activité manufacturière s’est légèrement repliée (-0,3% par rapport aux trois mois précédents, -3,4% sur un an).
Cette baisse modérée recouvre des disparités entre les secteurs : -0,7% dans la production métallurgique, -1,3% dans la fabrication d’équipement et de matériels de transport (dont notamment -2% pour la construction automobile). En revanche, la production s’est accrue dans les industries agricoles et alimentaires (+0,1%), et, plus encore, dans la cokéfaction et le raffinage (+3,6%).
Toujours en moyenne mobile sur trois mois, l’indice de la production manufacturière reste inférieur de 18% à son point haut d’avril 2008. A titre indicatif, la production en Allemagne est inférieure de 5,6% à son point haut de février 2008.

L’indice des prix à la consommation en données brutes s’est accru de +0,8% en mars 2013, après +0,3% en février. Cette hausse est notamment imputable à celle des produits manufacturés après la fin des soldes d’hiver.
En données corrigées des variations saisonnières, l’indice a progressé de +0,3%, après avoir stagné au mois précédent. Cette augmentation recouvre une baisse de -1% des prix des produits énergétiques, une stagnation des prix des produits alimentaires et une hausse des prix des produits manufacturés et des services (respectivement +0,4% et +0,3%).
Sur un an, l’indice a poursuivi son ralentissement, entamé en septembre 2012 : +1%, rythme le plus faible depuis décembre 2009.
Les prix se sont accrus de +1,1% l’an en mars 2013 par rapport à décembre 2012, après +0,6% entre septembre et décembre. Cette accélération en fin de période recouvre :
L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie et produits frais) s’est également accélérée en fin de période : +1,5% l’an sur trois mois, après +0,4% l’an. La hausse a été de +0,7% sur un an.

Selon la dernière enquête mensuelle de la Banque de France réalisée auprès des établissements de crédit, les conditions d’octroi de crédits aux entreprises sont restées inchangées en mars 2013, comme c’est le cas depuis le mois de mai 2012. Cette constance des critères d’octroi concerne à la fois les crédits aux PME et ceux aux grandes entreprises.
Selon la Banque de France, cette stabilité de l’indicateur sur les conditions d’octroi de crédits peut être interprétée comme le résultat combiné de deux facteurs aux effets contraires :
Par ailleurs, l’enquête met en évidence une nouvelle baisse de la demande de crédits des entreprises (PME et grandes entreprises). Cette observation est confirmée par le nouveau recul des crédits nouveaux aux sociétés non financières en février 2013.
Les établissements de crédit attribuent cet effritement de la demande à la faiblesse des dépenses d’investissement des entreprises et, dans une moindre mesure, des opérations de fusions/ acquisitions de ces dernières.

Le constat est là : la part de l’électricité dans la consommation totale d’énergie s’est fortement accrue au cours des trente dernières années (de 18% à 45%). Elle est en passe de rattraper celle des énergies fossiles (49%). Se pose donc la question du développement de sa production, en réponse à celui de la consommation.
La publication du Commissariat général au développement durable « L’évolution du mix électrique dans le monde entre 1980 et 2010 » (avril 2013) fait état d’une forte évolution du mix électrique en France entre 1980 et 2010.
La part du nucléaire dans la production d’électricité a été multipliée par plus de trois sur la période, de 23,8% à 75,9%. Cette proportion est sans commune mesure avec celle enregistrée dans le monde (12,9%). Elle est également la plus élevée en Europe, notamment que dans les grands pays voisins de la France (22,6% en Allemagne, 20,7% en Espagne, 0% en Italie).
En contrepartie, la part des énergies renouvelables et celle des énergies fossiles (charbon, gaz naturel, produits pétroliers) ont baissé. Ces énergies servent essentiellement à prendre le relais des autres moyens de production en cas de forte demande d’électricité.
La part des énergies renouvelables (13,8%) est inférieure à celle de nos pays voisins (16,7% en Allemagne, 25,8% en Italie, 32,5% en Espagne), mais aussi à la moyenne mondiale (19,4%).
Les énergies fossiles représentent 10,3% de la production d’électricité, contre 60,7% en Allemagne, 46,8% en Espagne, 74,2% en Italie et 67,7% dans le monde. Le mix fossile a par ailleurs évolué: la part du gaz naturel s’est fortement accrue à 47%, au détriment de celle du charbon (43%) et de celle des produits pétroliers (10%).
Ces choix en matière de mix électrique permettent d’attribuer à la France certains atouts qui favorisent sa compétitivité :

La préservation, et si possible, le renforcement de cet avantage compétitif de la France grâce à son mix énergétique, doit être l’enjeu du Débat sur la transition énergétique. Autrement dit, il importe de faire nos choix énergétiques à l’aune des exigences de compétitivité et de croissance.

Les créations d’emploi salarié dans le secteur non agricole aux Etats-Unis ont été, contre toute attente, divisées par trois entre février et mars 2013 : +88 000, après +268 000. C’est le chiffre le plus faible depuis juin 2012.
Il faut cependant souligner que les chiffres des deux mois précédents ont été nettement révisés à la hausse : de +119 000 à +148 000 en janvier, de +236 000 à +268 000 en février.
Au cours du dernier mois connu, le secteur privé a créé +95 000 postes, contre +254 000 en février. Le secteur public en a perdu -7 000 postes, après +14 000 créations en février.
Malgré ce ralentissement des créations d’emploi, le taux de chômage a continué de se réduire en mars 2013 à 7,6% de la population active, le plus bas niveau depuis décembre 2008 (7,7% en février). Le nombre de chômeurs s’est établi à 11,7 millions, en baisse de -290 000 personnes par rapport à février (-944 000 sur un an).
Outre les créations d’emploi, cette baisse du taux de chômage s’explique aussi par le découragement de personnes qui ont renoncé à chercher un emploi et qui sortent ainsi des statistiques de la population active. Le taux de participation à la population active s’est de fait réduit de 63,5% à 63,3% entre février et mars. C’est le plus bas niveau enregistré depuis mai 1979.



FRANCE
1.Immatriculations de voitures neuves au 1er trimestre 2013 : -6,9% (-14,2% pour les marques étrangères, +2% pour les marques françaises)
2.Dépenses de consommation des ménages en février en 2013 : -0,2%, après -0,9% en janvier
3.Crédits nouveaux au secteur privé en février 2013 : -11,5% en cumul sur un an (-19,2% pour les ménages et -5,8% pour les entreprises)
EUROPE
4.Chômage dans la zone euro en février 2013 : 19,1 millions demandeurs d’emploi, un record historique
5.Dépendance en Europe en 2012 : taux le plus élevé en France, résultat combiné du vieillissement de la population et d’une natalité plus forte
INTERNATIONAL
6.Climat des affaires aux Etats-Unis en mars 2013 : interruption du redressement
7.Tendances récentes des marchés

Les immatriculations de voitures particulières et commerciales neuves (données CVS-CJO) se sont contractées de -4,4% en mars 2013, après +7,4% en février et -12,7% en janvier. Ce repli est entièrement imputable aux immatriculations de voitures de marques étrangères (-14%), celles de marques françaises s’étant accrues de +6,2%.
Entre mars 2012 et mars 2013, l’ensemble des immatriculations en France s’est replié de -13,4% (soit -21 244), pour atteindre 1 653 858 (rythme annualisé), niveau inférieur de -21% à la moyenne des années 2000-2012.
Lors du 1er trimestre 2013, les immatriculations de voitures neuves ont poursuivi leur repli (-6,9% par rapport au 4ème trimestre 2012, -12% par rapport au 1er trimestre 2012), entamé au 3ème trimestre 2012.
Là encore, le recul est imputable aux immatriculations des voitures de marques étrangères, en baisse de -14,2%, alors que celles de marques françaises ont progressé de +2% sur la période. Ce redressement est-il un rebond temporaire ou le signe d’un changement de tendance durable ? Il est évidemment trop tôt pour se prononcer sur la signification de ce rebond.
Globalement, dans la zone euro, la situation du marché automobile continue de se dégrader. En particulier, les immatriculations se sont contractées de -4,9% en Allemagne entre le 4ème trimestre 2012 et le 1er trimestre 2013 (-12,2% sur un an) et de -5,1% en Italie (-13,5% sur un an).
En revanche, il faut souligner le net rebond des immatriculations en Espagne entre fin 2012 et début 2013 (+14,7%), sans doute imputable au plan d’aide au secteur automobile mis en place au début du 4ème trimestre 2012. Elles restent en baisse de -10,5% sur un an.

Les dépenses de consommation des ménages en biens (50% de la totalité de la consommation en biens et services) ont de nouveau reculé en février 2013 : -0,2% en volume, après -0,9% en janvier. Cette baisse est essentiellement imputable à la chute des achats de textile-cuir (-6,1%, après +3,5%).
En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (décembre 2012, janvier, février 2013), les achats des ménages se sont repliés de -0,4% par rapport aux trois mois précédents (-1% sur un an).
Ce recul de fin 2012-début 2013 se retrouve dans toutes les catégories de biens à l’exception des dépenses en équipement du logement qui ont progressé de +1,8% sur la période.
Les autres catégories se sont repliées, avec des ampleurs diverses : -0,3% pour les dépenses en produits énergétiques, -0,4% pour les dépenses alimentaires, -0,8% pour les achats en textile-cuir, -2,4% pour ceux liés à l’automobile.
La consommation devrait rester sur une tendance baissière au cours des prochains mois, au regard de l’évolution du pouvoir d’achat et du chômage.
Ces perspectives semblent être confirmées par la dernière enquête auprès des ménages, ces derniers déclarant le moment non opportun pour faire des achats importants.

Les crédits nouveaux au secteur privé ont poursuivi, en février 2013, leur repli entamé au printemps 2011. En cumul sur un an, ils sont en baisse de -11,5% par rapport à février 2012 (-49,7 milliards d’euros). Cette nouvelle contraction concerne les ménages, plus encore que les entreprises.
Les crédits aux ménages se sont en effet contractés de -19,2% entre février 2012 et février 2013. Cette baisse est entièrement imputable aux crédits à l’habitat, en baisse de -26,6% sur la période. Et ceci malgré des taux d’intérêt à des niveaux bas (3,34% en février 2013). Pour leur part, les crédits à la consommation ont progressé de +0,9% sur un an.
Les crédits aux sociétés non financières ont également reculé, mais de façon plus modérée (-5,8%). Ce repli recouvre une baisse de -2,4% des crédits jusqu’à un an (et de -13,7% des crédits à plus d’un an (c’est-à-dire pour une bonne part ceux destinés à financer les investissements).
Dans les deux cas, cette contraction ne paraît pas trouver son explication dans les conditions d’octroi de crédits par les établissements bancaires, au vu des dernières enquêtes de la Banque de France. Elle ne paraît pas non plus pouvoir s’expliquer par le coût de l’argent. De fait, les taux d’intérêt ont baissé de façon quasi-continue depuis un an pour s’établir à des niveaux particulièrement bas (respectivement 1,85% et 3,22% en février 2013, après 2,62% et 4,03% en février 2012).

Le taux de chômage harmonisé* dans la zone euro est resté stable entre janvier et février 2013, à 12% de la population active.
Le nombre de chômeurs est désormais de 19,071 millions de personnes, un record historique (+33 000 par rapport à janvier).
* Eurostat calcule des taux de chômage harmonisés pour les Etats membres de la zone euro. Ces taux sont basés sur les définitions recommandées par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Le calcul est basé sur une source harmonisée, l’enquête communautaire sur les forces de travail. Ils peuvent différer, et de façon parfois non négligeable, des statistiques nationales.
Ce taux de chômage ne doit pas masquer une grande disparité entre les Etats membres.
Les taux les plus faibles ont été enregistrés dans les pays du Nord de la zone euro : 4,8% en Autriche, 5,4% en Allemagne, 6,2% aux Pays-Bas.
Les taux les plus élevés se trouvent dans les pays du Sud de la zone : 17,5% au Portugal, 26,3% en Espagne, 26,4% en Grèce (décembre 2012).
La France se situe dans une position intermédiaire, avec un taux de chômage à 10,8% de la population active, taux un peu inférieur à la moyenne de la zone euro.
Entre février 2012 et février 2013, le taux de chômage dans la zone euro s’est accru de +1,1 point, ce qui correspond à 1,775 million de chômeurs supplémentaires. Les plus fortes hausses ont été enregistrées au Portugal (+2,7 points) et en Espagne (+2,4 points). Il a progressé de +0,8 point en France.
A l’opposé, le taux de chômage s’est réduit en Allemagne (-0,2 point) et en Irlande (-0,9 point).

La population de l’Union européenne croît et vieillit de façon continue entre 1992 et 2012. Elle a augmenté de +6,5% pour atteindre 503,7 millions d’habitants. La progression a été de +9,1% dans la zone euro (332,9 millions d’habitants), avec des rythmes très variables selon les pays, de +1,95% en Allemagne à +29,2% en Irlande et +34,7% au Luxembourg, en passant par +7,1% en Italie, +11,5% en France et +18,4% en Espagne. Signe du vieillissement de l’Europe, la part des 65 ans et plus dans la population totale est passée de 14,1 à 17,8% (de 14,5 à 18,7% dans la zone euro). C’est en Allemagne que la proportion est devenue la plus forte (de 15 à 20,6%), et en Irlande qu’elle est la plus faible (de 11,4 à 11,9%). La France se situe un peu en dessous de la moyenne européenne (de 14,2 à 17,1%).
La structure par âge de la population peut être analysée à l’aide du taux de dépendance, défini comme le niveau de soutien de la population en âge de travailler (15 à 64 ans) aux générations dépendantes (jeunes de moins de 15 ans, personnes âgées de 65 ans et plus).
Le taux de dépendance des personnes âgées s’est accrue de +26,6% dans l’Union européenne passant de 21,1% à 26,7%, et de +32% dans la zone euro (de 21,4 à 284%). Le ratio s’est accru de +23% en France et en Espagne, et de plus de 40% en Allemagne, en Italie, au Portugal ou en Grèce.
En 2012, le taux de dépendance des personnes âgées variait de 18% en Irlande à 31,5% en Italie, celui de la France étant dans la moyenne européenne (26,6%).
Le taux de dépendance des jeunes de moins de 15 ans a baissé dans la quasi-totalité des pays depuis 20 ans. Il s’échelonnait en 2012 de 20% en Allemagne à 32,5% en Irlande, la moyenne de l’Union européenne étant de 23,4%. Il est de 29% en France, conséquence de sa dynamique démographique (taux de fécondité le plus élevé en Europe après l’Irlande).

Finalement, le taux global de dépendance, somme des deux précédents, a légèrement augmenté depuis 20 ans pour l’ensemble de l’Union européenne, de 49,6 à 50,2% (+1,2%), soit 2 personnes en âge de travailler pour chaque personne à charge. La dispersion est également large d’un pays à l’autre, de 40% en Slovaquie ou en Pologne à 51% en Allemagne et 55,5% en France. C’est le taux le plus élevé en Europe, effet combiné d’une forte natalité relativement à celle des autres pays, et du vieillissement de la population.

Ainsi, en France, il y a 180 personnes en âge de travailler pour 100 personnes à charge (196 en Allemagne, 199 pour la moyenne de l’Union européenne, 210 en Autriche, 246 en Pologne par exemple). Or le taux d’emploi y est parmi les plus faibles. C’est dire l’urgence de redresser le taux d’emploi dans le secteur marchand si l’on veut pour le moins maintenir le niveau de vie des Français dans un contexte durable d’assainissement des finances publiques et sociales.

Selon la dernière enquête auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM du secteur manufacturier aux Etats-Unis s’est replié en mars 2013, interrompant le redressement entamé en décembre 2012. Cette rechute de l’indice traduit non pas un recul de l’activité manufacturière mais une moindre progression de cette dernière, l’indice restant au-dessus de la ligne des 50 (seuil délimitant la zone d’expansion et la zone de contraction de l’activité).
Le retournement de cet indice synthétique est imputable à celui des perspectives de production et à celui des carnets de commandes. En revanche, la composante « emploi » de l’indice synthétique a continué de progresser.
L’indice synthétique ISM concernant les activités non manufacturières s’est lui aussi replié, tout en restant à un niveau supérieur à sa moyenne de longue période (2000-2012). Cette évolution s’explique notamment par celle de la composante « emploi » et par celle de la composante « carnets de commandes ».
Cette orientation décevante du climat des affaires en mars 2013 ne saurait signifier à court terme un retournement de la conjoncture américaine, au vu de l’orientation d’autres indicateurs (consommation, immobilier, emploi dans le secteur privé). Il reste que l’annonce de coupes budgétaires, suite à l’absence d’accord entre les républicains et les démocrates sur le moyen de redresser les finances publiques, peut commencer à se traduire par des anticipations plus prudentes des entreprises.


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FRANCE
1.Croissance du PIB en 2012 : stagnation en moyenne annuelle, -0,3% en cours d’année
2.Situation des entreprises en 2012 : nouvelle baisse du taux de marges, et plus encore du taux d’autofinancement
3.Situation des ménages en 2012 : recul de -0,4% du pouvoir d’achat des revenus, baisse de l’épargne
4.Comptes publics en 2012 : dérapage du déficit (-4,8% du PIB) et de la dette (90,2%) par rapport aux objectifs
5.Demandeurs d’emploi en février 2013 : 3 187 700, soit +311 900 sur un an
6.Moral des ménages en mars 2013 : accentuation des préoccupations concernant les perspectives de niveau de vie et du chômage
INTERNATIONAL
7.Tendances récentes des marchés

Les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels publiés par l’INSEE mettent en évidence un recul du PIB de -0,3% au 4ème trimestre 2012, après +0,2% au 3ème, et -0,1% chacun des deux trimestres précédents, soit un glissement de -0,3% entre fin 2011 et fin 2011. En moyenne annuelle, le PIB a stagné en 2012 (+1,7% en 2011). Il est tout juste à son niveau de son niveau de 2007.
En termes de production de branches, les comptes font apparaître une forte contraction dans l’industrie et le BTP fin 2012, et une stagnation dans les services marchands. Sur l’ensemble de l’année 2012, la production manufacturière s’est contractée de -2,3%. En revanche, l’activité a continué de croître dans la construction et les services principalement marchands à un rythme ralenti par rapport à 2011.
En termes de composantes, au-delà des évolutions trimestrielles, il apparaît un caractère assez exceptionnel de l’année 2012, avec une inertie de la demande intérieure, et un soutien de la demande étrangère.
A noter : la forte contribution des échanges extérieurs à la « croissance » de 2012, plus qu’annihilée par les variations de stocks (déstockage).

Selon les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels, la valeur ajoutée des sociétés non financières a baissé de -0,1% au 4ème trimestre 2012. Compte tenu de l’augmentation des rémunérations et des impôts sur la production, la marge brute des sociétés non financières a chuté de -1,9%, d’où une baisse du taux de marge à 27,7% de la valeur ajoutée, après 28,2% au 3ème trimestre.
En moyenne annuelle, le taux de marge s’établit à 27,9% de la valeur ajoutée en 2012, soit 0,4 point de moins que celui de 2011 et 3,9 points de moins que celui de 2007, avant la crise. C’est le résultat de gains de productivité nuls, alors que les salaires par tête ont progressé.
La remontée des rémunérations dans la valeur ajoutée au 4ème trimestre fait suite à deux trimestres de repli. La moyenne 2012 dépasse encore de 0,4 point de valeur ajoutée celle de 2011, et de 3,6 points celle de 2007. Toujours en 2012, les salaires bruts versés ont représenté 51,4% de la valeur ajoutée, contre 51,2% en 2011 et 48,9% en 2007.
En euros courants, l’EBE moyen 2012 est en recul sur celui de 2011 (-0,9%) Il reste inférieur de quelque 8% à son niveau de 2007. Dans le même temps, les rémunérations (chargées) ont augmenté de plus de 11%, soit 2 fois plus vite que la valeur ajoutée.
Dans l’industrie manufacturière, le modeste redressement du taux de marge au 4ème trimestre 2012 n’a pas empêché une nouvelle baisse de ce dernier de 21,6 à 21% de la valeur ajoutée entre 2011 et 2012 (28,4% en 2007). En niveau absolu, les marges des branches manufacturières sont inférieures de -1,8% à leur niveau de 2011 et de -33% à celui de 2007.

Le redressement de l’épargne brute des sociétés (autofinancement) au 2ème et au 3ème trimestre a fait place à un recul de -8,8% au dernier trimestre Elle a baissé de -1,3% entre 2011 et 2012, et de -16,8% depuis 2007.
Les investissements des sociétés ont baissé de -0,6% au 4ème trimestre, et le taux d’investissement s’est établi à 19,9% de la valeur ajoutée. En moyenne annuelle, ils ont progressé de +1,4% en 2012, dépassant de 7,2% leur niveau de 2007.
Chute du taux d’épargne brute et stabilité du taux d’investissement au 4ème trimestre expliquent la forte baisse du taux d’autofinancement de 68,1 à 62,4% entre le 3ème et le 4ème trimestre 2012. Son niveau moyen de 2012 (65,1%) est inférieur de 1,8 point à celui de 2011, et de 19 points à celui de 2007.


Les résultats détaillés des comptes nationaux trimestriels mettent en évidence une baisse du revenu disponible brut (RDB) des ménages au 4ème trimestre 2012 (-0,5% en valeur), pour la première fois depuis le 1er trimestre 2009.
La progression de la masse salariale (+0,3%) et des prestations sociales (+0,9%) a été plus que compensée par la forte hausse des impôts sur le revenu et le patrimoine (+7%), liée notamment aux mesures votées pour augmenter le rendement de l’impôt sur le revenu en 2012, ainsi qu’à la contribution exceptionnelle des redevables de l’ISF en toute fin d’année.
Compte tenu de la hausse des prix des dépenses de consommation (+0,3%), le pouvoir d’achat du RDB s’est contracté de -0,8% au 4ème trimestre 2012, après avoir stagné au 3ème trimestre.
Sur l’ensemble de l’année 2012, le RDB a progressé de +1,3% en euros courants (+2,6% en 2011). Les salaires versés se sont accrus de +1,8% et les prestations sociales de +3,7%. Dans le même temps, les impôts sur le revenu et le patrimoine ont augmenté de +10%.
Compte tenu d’une inflation +1,7%, le pouvoir d’achat du RDB a baissé de -0,4% (+0,5% en 2011 et +0,9% en 2010), première baisse depuis 1984.
Par unité de consommation*, le RDB s’est contracté en pouvoir d’achat de -1% en 2012, après -0,1% en 2011 et +0,2% en 2010.
* Système de pondération attribuant un coefficient à chaque membre d’un ménage et permettant de comparer les niveaux de vie de ménages de tailles ou de compositions différentes. Avec cette pondération, le nombre de personnes est ramené à un nombre d'unités de consommation (UC). L'échelle actuellement la plus utilisée retient la pondération suivante : 1 UC pour le premier adulte du ménage ; 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus ; 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans.
Cette baisse du pouvoir d’achat du RDB recouvre une hausse de +2% du pouvoir d’achat des prestations sociales et de +0,1% du pouvoir d’achat salarial (+0,2% dans les sociétés non financières). Le pouvoir d’achat du salaire moyen par tête a augmenté davantage étant donné la contraction des effectifs.
Depuis 2007, les revenus des ménages ont continué de progresser plus vite que la production : le PIB en volume est tout juste à son niveau de 2007, alors que le RDB en pouvoir d’achat le dépasse de 2,6% en 2012 (de 3,2% pour les salaires versés et de 12,3% pour les prestations sociales).

La contraction du pouvoir d’achat du RDB en 2012 (-0,4%) a donc été plus importante que celle de la consommation des ménages (-0,1%). Ces derniers ont puisé dans leur épargne pour essayer de la maintenir.
Leur taux d’épargne a de fait baissé de 16,2% du RDB en 2011 à 16% en 2012. Plus significatif dans cette perspective, le taux d’épargne financière (42% de l’épargne totale), c’est-à-dire hors logement, est tombé de 7,1% à 6,7%. Il reste que dans les deux cas, le taux d’épargne est supérieur à sa moyenne 2000-2012. Ce qui représente une marge de manœuvre potentielle pour amortir l’impact sur la consommation d’une poursuite éventuelle de la baisse du pouvoir d’achat.


La première évaluation des comptes nationaux des administrations publiques pour l’année 2012, que vient de publier l’INSEE, correspond à celle notifiée à la Commission européenne, et est susceptible de modifications ultérieures. Elle témoigne d’un dérapage des ratios de déficit et de dette par rapport aux objectifs.
En effet, à la fin du quatrième trimestre 2012, le déficit public atteignait -98,2 milliards d’euros, soit -4,8% du PIB, contre -4,5% prévu. Par ailleurs, le déficit 2011 a été légèrement revu à la hausse (5,3% du PIB au lieu de 5,2%). La diminution du déficit en 2012 tient essentiellement à celle de l’Etat, de -87,7 à -80 milliards d’euros, et des administrations de sécurité sociale (de -14 à -13,1 milliards). Celui des administrations territoriales s’est creusé de -1,5 à -3,1 milliards d’euros. Dépenses et recettes ont augmenté plus vite que le PIB.
Tous les postes de dépenses ont vu leur croissance s’accélérer, à l’exception des investissements qui ont ralenti, et des charges d’intérêt qui ont reculé, en dépit de l’augmentation de la dette, grâce à la baisse des taux. Les rémunérations ont augmenté de +1,9% (+1% pour celles versées par l’Etat et +3,1% pour celles versées par les collectivités territoriales), et les prestations sociales de +3,5% (+3,8% pour les seules prestations en espèces).
La croissance des recettes s’est au contraire modérée (+3,9% après +5,7% en 2011, et +4,4% après +5,1% pour les seuls prélèvements obligatoires). Près de la moitié de la hausse des recettes est imputable à celle des impôts sur le revenu et le patrimoine (+8,4%, soit +18,8 milliards d’euros, dont 8,8 milliards au titre de l’IR et 3,1 milliards au titre de la CSG). En revanche, les impôts sur les produits et la production ont ralenti, y compris les recettes de TVA, malgré le relèvement du taux réduit de 5,5% à 7% au 1er janvier 2012. Dans le même temps, les cotisations sociales ont également ralenti, la hausse mécanique liée à la suppression de l’exonération des heures supplémentaires ayant été plus que compensée par la progression plus modérée de l’assiette (baisse de l’emploi, ralentissement du salaire moyen).
Au total, la dette publique s’est accrue de +116,9 milliards d’euros (dont 104,6 milliards d’euros pour la dette de l’Etat qui atteint désormais 1440 milliards d’euros), pour atteindre 1833,8 milliards d’euros à la fin du quatrième trimestre 20112, soit 90,2% du PIB (85,8% en 2011), contre une prévision de 89,9%.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine a poursuivi sa progression en février 2013, mais de façon moins marquée qu’au mois précédent : +18 400 (+0,6%), après +43 900 en janvier (augmentation imputable pour moitié à la modification des règles de radiations administratives). En hausse pour le 22ème mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi s’est ainsi élevé à 3 187 700, plus haut niveau depuis juin 1997 (pic historique à 3 195 500 en janvier 1997).
Le nombre atteint 4 706 700 (+26 500) en y ajoutant les personnes en activité réduite (catégories B et C).
Entre février 2012 et février 2013, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de +10,8%, soit +311 900 personnes, plus forte hausse depuis janvier 2010.
Par sexe, cette hausse a été plus marquée chez les hommes (+12%, soit +178 500) que chez les femmes (+9,6% soit +133 400). Le nombre de demandeurs de sexe masculin a ainsi atteint un niveau historiquement élevé (1 666 100).
Par tranche d’âge, la hausse a été de +10% chez les moins de 25 ans (+49 500 personnes), de +9,2% chez les 25-49 ans (+165 600), et de +16,6% chez les 50 ans et plus (+96 800). Le nombre de demandeurs d’emploi de cette dernière catégorie va de record en record (679 700).
Par région (données brutes), cette hausse recouvre des disparités allant de +8,8% en Basse-Normandie à +15,1% en Franche-Comté (+7,2% dans les Départements d’Outre-Mer). A noter : 9 des 22 régions françaises enregistrent un nombre de demandeurs d’emploi historiquement élevé (Alsace, Aquitaine, Bretagne, Centre, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Limousin, Lorraine, Midi-Pyrénées).

L’indicateur synthétique de confiance des ménages s’est légèrement dégradé en mars 2013, retrouvant son niveau de novembre 2012. Il reste très inférieur à sa moyenne de longue période.
Dans le détail, les ménages sont de plus en plus pessimistes concernant leur niveau de vie futur. En effet, le solde d’opinion correspondant est à un niveau historiquement bas (début de la série en 1972). En particulier, leur opinion sur leur situation financière future s’est repliée.
Par ailleurs, ils sont plus nombreux qu’en février à anticiper une augmentation du chômage. Le solde d’opinion se rapproche de son point haut de mai 2009.



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FRANCE
1.Climat des affaires en mars 2013 : toujours défavorable
2.Financement des grandes entreprises en mars 2013 : situation de trésorerie toujours dégradée
3.Tensions sur le marché du travail au 4ème trimestre 2012 : indicateur proche de son niveau bas
ZONE EURO
4.Coût horaire de la main d’œuvre en 2012 : une augmentation moins forte en France qu’en Allemagne
5.Climat des affaires en Allemagne en mars 2013 : léger recul de l’indicateur
INTERNATIONAL
6.Construction de logements aux Etats-Unis en février 2013 : le redressement se poursuit
7.Tendances récentes des marchés
BREVE
L’indice de confiance des directeurs d’achat (PMI) dans la zone euro s’est de nouveau contracté en mars 2013 à 46,5 (le seuil des 50 délimitant la zone d’expansion et celle de contraction de l’activité). Ceci signifie une intensification de la récession.


Le climat des affaires en France reste défavorable : l’indicateur s’est légèrement replié en mars 2013 et est inférieur à sa moyenne de longue période. Il reste dégradé dans tous les secteurs :


Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 5 et le 18 mars 2013 auprès des trésoriers des « grandes entreprises » (500 salariés et plus), quatre points sont à souligner :

L’indicateur de tensions sur le marché du travail (flux d’offres d’emploi collectées par Pôle emploi / entrées à Pôle emploi) a interrompu sa baisse, entamée au 2ème trimestre 2011. Il a progressé de +1,1% entre le 3ème trimestre et le 4ème trimestre 2012. Il reste cependant inférieur de 14,5% à son niveau qui prévalait un an plus tôt.
Cette progression résulte de celle des flux d’offres d’emploi (+1%), alors que les entrées à Pôle emploi se sont stabilisées.
L’indicateur est inférieur de 24,5% à sa moyenne de longue période. Il ne dépasse que de 4,5% son point bas du 1er trimestre 2009.
Cette remontée de l’indicateur de tensions se retrouve dans le bâtiment et les travaux publics, avec une progression de +2,8% entre le 3ème et le 4ème trimestre 2012 (-14% sur un an). Il reste inférieur de 43,2% à sa moyenne de longue période.
En revanche, la baisse s’est poursuivie dans l’industrie et le tertiaire, mais à un rythme moins marqué, qu’au trimestre précédent.
Dans le tertiaire, il s’est réduit de -2,1%, après -4% au 3ème trimestre 2012 (-14,5% sur un an). L’indicateur est inférieur de 23,5% à sa moyenne de longue période.
Dans l’industrie, l’indicateur s’est réduit de -1,5%, après -8,5% au 3ème trimestre (-15,8% sur un an). Il s’agit du cinquième trimestre consécutif de baisse. Il est inférieur de 7,5% à sa moyenne de longue période.
Le niveau de l’indicateur dans l’industrie est encore relativement élevé par rapport à celui des autres secteurs, en dépit d’une contraction de l’activité. Ce qui témoigne d’une inadéquation persistante entre l’offre et la demande d’emplois, aussi bien dans des métiers qualifiés que peu ou pas qualifiés, ce qui est notamment le cas dans la mécanique, les industries de process, l’industrie électrique et électronique…

Eurostat vient de publier les indices trimestriels du coût horaire de la main d’œuvre dans le secteur marchand non agricole pour le 4ème trimestre 2012. Cet indice (base 100 en 2008) permet d’extrapoler le coût horaire 2008 en euros tel qu’il ressort de l’enquête quadriennale de 2008. Il s’est accru en France de +1% par rapport au 3ème trimestre 2012 s’établissant à 35,7 euros de l’heure (+1,7% sur un an). En Allemagne, il a augmenté de +0,7% pour atteindre 32,4 euros (+3,2% sur un an).
A partir de cet indice du 4ème trimestre, Eurostat a calculé un indice annuel du coût du travail 2012. Ainsi, entre 2011 et 2012, le coût horaire de la main d’œuvre dans le secteur marchand non agricole en France a progressé de +2% pour s’établir à 35,3 euros par salarié. C’est le niveau le plus élevé de la zone euro, derrière la Belgique.
En Allemagne, le coût s’est accru de +2,8%, soit nettement plus rapidement que le coût français, pour atteindre 32 euros de l’heure par salarié. L’écart de compétitivité - coût entre la France et l’Allemagne s’est ainsi réduit de 11,3% entre 2011 à 10,3% en 2012.
L’augmentation du coût horaire en France de 2% en 2012 recouvre une hausse de +2% des salaires et traitements (après +2,9% en 2011) et de +1,9% des charges annexes aux salaires* (+4,3% en 2011). En Allemagne, elle est imputable à la progression du salaire horaire (+3,2%, comme en 2011). La hausse des charges annexes au salaire a ralenti (+1,4% en 2012, après +2,3% en 2011).
*Les charges annexes aux salaires comprennent, selon la définition d’Eurostat, les cotisations patronales de sécurité sociale, les frais de formation professionnelle, les autres dépenses, telles que les coûts de recrutement et les vêtements de travail, et les taxes sur l'emploi considérées comme coûts de main d'œuvre déduction faite des subventions reçues.
Le taux de charges sur salaire en France s’est ainsi élevé à 50,5% en 2012. Il est très supérieur à la moyenne de la zone euro (35,9%) et plus encore à celui qui prévaut en Allemagne (27,2%).
La hausse de +2% du coût horaire en France en 2012 recouvre des progressions diverses selon les secteurs :
L’écart de coût horaire de 10% entre la France et l’Allemagne en 2012 tient non à l’industrie (niveaux quasiment identiques entre les deux pays), mais aux autres secteurs (construction, services) où le coût de l’heure de travail en France dépasse de plus de 20% celui observé en Allemagne.
Il faut souligner que ces différentiels, défavorables à la France, notamment dans les services, impactent directement les coûts de production dans l’industrie, dès lors que les entreprises dans ce secteur tendent de plus en plus à externaliser des fonctions tertiaires.


Le climat des affaires en Allemagne a interrompu son amélioration. Contre toute attente, mais conformément à l’évolution de l’indice de confiance des directeurs d’achat (PMI), l’indice IFO s’est en effet replié en mars 2013, après une forte progression en février. Il reste cependant supérieur à sa moyenne de longue période (2000-2012).
Ce léger repli concerne à la fois la composante « situation actuelle » et les perspectives à 6 mois, mais a été plus marqué pour cette dernière. Il reste que dans chacun de ces cas, l’indice est toujours très au-dessus de son niveau moyen des années 2000-2012.
En l’état actuel des informations disponibles, rien n’indique qu’il faille voir dans cette interruption l’amorce d’un retournement du climat des affaires et de la conjoncture allemande.

Le marché de la construction résidentielle aux Etats-Unis a repris sa progression en février 2013. Les mises en chantier ont légèrement progressé (+0,8%), sans pour autant effacer leur chute de janvier dernier (-7,3%). Sur un an, elles s’inscrivent en hausse de +27,7%. Indicateur avancé des mises en chantier, les permis de construire ont augmenté de +4,6%, après -0,6% (+33,8% sur un an).
En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (décembre 2012, janvier, février 2013), les mises en chantier ont augmenté +9,2% (+31,6% sur un an). Parallèlement, les permis de construire ont augmenté de +3,8% (+31,9% sur un an).
Les mises en chantiers sont ainsi au nombre de 936 000 en rythme annualisé. Ce chiffre est inférieur de 30% à la moyenne des années 2000-2012 et de presque la moitié à celle des années 2000-2006.
Le redressement du marché de l’immobilier résidentiel devrait se poursuivre dans les prochains mois au vu des besoins d’investissement existants. Le besoin est en effet estimé à 1,5 million de logements par an compte tenu de la dynamique démographique et du besoin de remplacement du parc. Par ailleurs, les stocks de logements à vendre sont à des niveaux bas. Les ventes de logements anciens sont sur une tendance ascendante. Les prix augmentent.
En revanche, l’indice de confiance des constructeurs dans le secteur résidentiel s’est tassé en mars, ce qui ne saurait signifier en soi un retournement des mises en chantier. Toutefois, si ce tassement devait se confirmer, ce pourrait être le signe que la hausse des prélèvements fiscaux et sociaux, en vigueur depuis le 1er janvier 2013, commencerait à se faire sentir sur les dépenses des ménages. Jusqu’à présent en tout cas, elle n’a pas eu d’effet sur la consommation de janvier et de février dernier.



FRANCE
1.Prix à la consommation en février 2013 : 6ème mois consécutif de ralentissement (+1,1% sur un an, +0,5% l’an sur trois mois)
2.Créations d’entreprise en février 2013 : -2,7%, imputable aux créations d’auto-entreprise qui représentent près de 52% du total
3.Production industrielle en janvier 2013 : -1,4% sur un mois, -2,1% sur trois mois
4.Emploi salarié au 4ème trimestre 2012 : réduction de 100 000 postes sur un an, annulant quasiment l’augmentation des deux années précédentes
INTERNATIONAL
5.Marché de l’emploi aux Etats-Unis en février 2013 : 236 000 emplois nouveaux, un taux de chômage au plus bas depuis 4 ans
6.Situation sur les places boursières à la mi-mars 2013 : hausse de +5% de l’indice mondiale depuis début janvier
7.Tendances récentes des marchés
BRÈVE
La Banque de France confirme sa prévision d’une croissance du PIB de +0,1% au 1er trimestre 2013.

L’indice des prix à la consommation en données brutes a cru de +0,3% en février 2013 (-0,5% en janvier), notamment imputable à la progression saisonnière du prix de certains services, en lien avec les vacances d’hiver. En données corrigées des variations saisonnières, l’indice a stagné, après une hausse de +0,1% pour chacun des deux mois précédents.
Cette stagnation se retrouve dans le prix des produits alimentaires ainsi que dans les prix des services. Les prix des produits énergétiques ont augmenté de +1%, ceux des produits manufacturés ont baissé de -0,1%.
Sur un an, l’indice des prix a poursuivi son ralentissement, entamé en septembre 2012 : +1,1%, rythme le plus faible depuis janvier 2010.
Entre novembre 2012 et février 2013, les prix se sont accrus de +0,5% l’an, après +0,3% l’an entre août et novembre.
Cette hausse recouvre :
L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie et produits frais) s’est accrue de +0,4% l’an sur trois mois, après -0,5%. La hausse a été de +0,6% sur un an.

Les créations d’entreprise se sont repliées de -2,7% en février 2013, après un rebond de +25,1% en janvier. Cette baisse recouvre une contraction de -8,2% des créations d’auto-entreprise (données brutes) et une hausse de +4,2% des créations hors auto-entreprises (données CVS). Ainsi, en février 2013, les premières représentaient 51,8% du total et les secondes 48,2%.
En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (décembre 2012, janvier, février 2013), le nombre de créations d’entreprise s’est réduit de -5% sur un an.
Par type d’entreprise, ce repli s’explique exclusivement par celui des créations d’auto-entreprise (-11,4%), alors que les seules créations hors auto-entrepreneurs se sont accrues (+2,9%).
Par type d’activité, le repli se retrouve dans tous les grands secteurs : -11,3% dans l’industrie, -7,2% dans la construction, -5,3% dans les services marchands, -4,5% dans le commerce. Au sein des services marchands, trois catégories ont toutefois vu leur nombre de créations augmenté : les activités financières et d’assurance (+9,5%), les transports et entreposage (+11,1%) et, dans une moindre mesure, l’hébergement et la restauration (+1,9%).

La production dans l’industrie manufacturière s’est nettement contractée en janvier 2013 : -1,4% en volume, baisse faisant plus qu’annuler la progression de décembre 2012 (+1,3%). Cette chute est notamment imputable aux industries agroalimentaires (-3,8%, après la hausse exceptionnelle de décembre due à une forte augmentation de la production de bière en anticipation de l’augmentation de la taxation de ce produit à compter du 1er janvier 2013), et à l’automobile (-13,5%).
En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre, décembre 2012, janvier 2013), l’activité manufacturière s’est repliée de -2,1% par rapport aux trois mois précédents. Elle était inférieure de -4,6% à son niveau un an plus tôt.
Cette baisse n’a épargné aucun grand secteur : -1,1% dans les industries agroalimentaires, -1,3% dans la fabrication d’équipements, -4,2% dans la fabrication de matériels de transport (-9,1% pour la seule industrie automobile), -6,4% dans la cokéfaction et le raffinage.
Ainsi, la production manufacturière est inférieure de 18,2% à son point haut du début de l’année 2008. A titre indicatif, en Allemagne, la production est inférieure de 5,5% à son point haut de 2008.
Cette mauvaise orientation de la production industrielle devrait se poursuivre dans les prochains mois, au vu des derniers indicateurs de conjoncture (carnets de commandes notamment).

L’INSEE vient de publier une deuxième estimation de l’emploi salarié dans le secteur marchand non agricole au 4ème trimestre 2012. Par rapport à la première datant de la mi-février, cette nouvelle estimation fait état d’une réduction des effectifs plus importante qu’initialement annoncé au 3ème trimestre (-46 000 postes, contre -41 700) et plus encore au 4ème (-44 700, contre -28 100).
Cette forte contraction des emplois salariés à la fin de l’année 2012 recouvre :
Au total, l’effectif salarié marchand non agricole se sera contracté de près de 100 000 postes en 2012 (-99 500, contre-66 800 dans la première estimation). Cette baisse annule donc quasiment les hausses enregistrées en 2010 et 2011.


Les créations d’emploi salarié dans le secteur non agricole aux Etats-Unis se sont nettement accélérées en février 2013 : +236 000 emplois nouveaux, soit deux fois plus qu’au mois précédent (+119 000).
Le secteur privé a créé 246 000 postes, alors que les effectifs des administrations publiques ont été réduits de -10 000.
A noter : les créations du mois de décembre ont été révisées à la hausse, de +196 000 à +219 000, et celles de janvier à la baisse de +157 000 à +119 000.
Mécaniquement, le taux de chômage s’est réduit de 7,9% de la population active en janvier à 7,7% en février 2013, plus bas niveau depuis décembre 2008. Cette amélioration représente une baisse de 300 000 personnes en un mois, pour atteindre 12 millions de chômeurs. Mais elle reflète en partie le découragement de personnes qui ont renoncé à chercher un emploi et donc sortent de la population active : cette dernière s’est réduite de 130 000 personnes entre janvier et février.
Sur un an, le taux de chômage est passé de 8,3% de la population active en février 2012 à 7,7%, soit -774 000 personnes (-6%).

Les marchés d’actions poursuivent leur embellie au début de l’année 2013, amorcée en novembre 2012, signe que la croissance mondiale se poursuit et que les investisseurs ont confiance dans sa pérennité ainsi que dans la profitabilité des entreprises. Cette embellie confirme également que les craintes concernant l’implosion de la zone euro ont été écartées. L’indice synthétique des 39 principales places mondiales, calculé par Coe-Rexecode, s’est en effet accru de +5,1% entre le 1er janvier et le 14 mars 2013. Il dépasse de 10% sa moyenne de 2011, mais n’a pas encore retrouvé son niveau qui prévalait fin 2007. En revanche, en euros, l’indice a quasiment retrouvé son record d’octobre 2007.
Cette progression se retrouve sur les places des pays émergents (+1,2%), et, de façon plus marquée, sur celles des pays développés (+6,2%). Au sein de ces dernières, cette remontée concerne, avec des degrés divers, aussi bien New York (+9,6% pour le Standard & Poor’s), Tokyo (+19,1% pour le Nikkei), que les grandes places européennes (+4,1% pour l’Eurostoxx 50). En dépit de son redressement, le niveau moyen des 15 premiers jours de mars de l’indice Eurostoxx 50 est inférieur de 38% à celui de 2007. Au contraire, l’indice Standard & Poor’s le dépasse de près de 5%. Cet écart d’évolution des cours d’actions est significatif des différences de dynamique économique de part et d’autre de l’Atlantique.




FRANCE
1.Immatriculations de voitures neuves en février 2013 : +7,6% sur un mois, -4,2% en moyenne mobile sur trois mois
2.Construction résidentielle en janvier 2013 : le plongeon des mises en chantier continue en glissement sur douze mois
3.Commerce extérieur en janvier 2013 : nouveau creusement du déficit sur un mois
4.Taux de chômage au 4ème trimestre 2012 : 10,2%, après 9,4% un an plus tôt
INTERNATIONAL
5.Climat des affaires aux Etats-Unis en février 2013 : le redressement se poursuit
6.Tendances récentes des marchés

Les immatriculations de voitures particulières et commerciales neuves se sont accrues de +7,6% en février 2013 (données CVS-CJO), après un repli de -12,5% en janvier. Cette progression concerne les voitures de marques françaises (+5,1%) et, plus encore, celles de marques étrangères (+10%).
Sur un an, les immatriculations totales se sont repliées de -8,1%*.
En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (décembre 2012, janvier, février 2013), les immatriculations restent cependant en recul (-4,2% par rapport aux trois mois précédents, -10,4% sur un an).
Cette diminution résulte exclusivement des voitures de marques françaises (-10,5%). Les immatriculations de voitures de marques étrangères ont augmenté de +1,7%.
A titre de comparaison, ce repli de -4,2% du nombre d’immatriculations de voitures neuves en France a été identique à celui enregistré en Allemagne (-4%). En Italie, la baisse a atteint -8,6%. En revanche, en Espagne, les immatriculations ont fortement rebondi (+19,4%).
*Ce chiffre publié par le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie diffère de celui du CCFA (Comité des Constructeurs Français d’Automobiles), qui publie, en données brutes, les immatriculations de véhicules (y compris les véhicules en transit). Cet indicateur baisse de -12,1% par rapport à février 2012.

En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre, décembre 2012, janvier 2013), les mises en chantier ont progressé de +6,8% par rapport aux trois mois précédents (-27,7% sur un an). Parallèlement, les permis de construire ont baissé de -9,8% (-18,1% sur un an).
En glissement sur douze mois, le plongeon des mises en chantier s’est poursuivi au début de l’année 2013. Elles se sont en effet contractées de -19,7% entre janvier 2012 et janvier 2013, ce qui représente une baisse de -83 300 logements nouveaux. Avec un nombre de 339 390, elles sont proches de leur point bas du début 2010 (321 920) et sont inférieures de 12% à leur moyenne 2000-2012.
Les permis de construire se sont également repliés, mais avec une moindre ampleur (-7,3%). Ils demeurent très supérieurs à leur point bas du début 2010 ainsi qu’à leur niveau moyen des années 2000-2012.
La construction résidentielle devrait rester mal orientée au cours des prochains mois, dans un contexte économique qui restera particulièrement dégradé au vu des indicateurs de conjoncture dans le bâtiment (fléchissement du climat des affaires -pessimisme persistant des anticipations d’activité et d’emploi), mais également dans la promotion immobilière.

Le déficit FAB-FAB des échanges de marchandises s’est de nouveau creusé en janvier 2013, de -5,4 milliards d’euros à -5,9 milliards d’euros.
Les exportations ont reculé de -2,4% (repli des ventes de matériels de transport – aéronautique et automobile), après une hausse de +3% en décembre 2012. Les importations se sont également repliées, mais dans une moindre proportion (-1%).
Toutefois, en glissement sur douze mois, le déficit commercial reste inférieur à son niveau qui prévalait un an plus tôt, -67,6 milliards d’euros en janvier 2013, contre -73,3 milliards d’euros en janvier 2012. Cette amélioration est imputable à une progression des exportations (+3,5%) près deux fois supérieure à celle des importations (+1,9%).
En données FAB-CAF (définition permettant d’analyser les échanges en termes sectoriels et géographiques), le déficit commercial s’est réduit de 5,6 milliards d’euros, passant de -90,2 milliards d’euros en janvier 2012 (toujours en glissement sur douze mois) à -84,6 milliards d’euros en janvier 2013.
Par secteur, cette réduction du déficit est imputable à celle de 11,3 milliards d’euros du déficit industriel à -26,8 milliards d’euros, qui a plus que compensé le creusement de 6,5 milliards d’euros de la balance énergétique.
Par zone géographique, elle provient de celle du déficit avec l’Europe hors UE (-6,1 milliards d’euros) et avec l’Asie (-4,7 milliards d’euros). En revanche, le déficit avec nos partenaires de la zone euro a continué de se creuser pour atteindre -41,5 milliards d’euros.

Le taux de chômage, au sens du BIT, en France métropolitaine a poursuivi sa hausse au 4ème trimestre 2012, dépassant désormais la barre des 10%. A 10,2% de la population active, il s’est accru de +0,3 point par rapport au trimestre précédent et de +0,8 point sur un an. Il est ainsi à son plus haut niveau depuis le 2ème trimestre 1999.
Le taux de chômage pour la France entière (Métropole + DOM) s’est établi à 10,6% de la population active (9,8% fin 2011).
Par sexe, à 10,2% de la population active (contre 9,2% un an plus tôt), le taux de chômage des hommes est à son plus haut niveau depuis 1975 (début de la série). La hausse du taux de chômage des femmes a été un peu moins marquée (de 9,6% à 10,3%).
Par tranche d’âge, la progression du taux de chômage des moins de 25 ans s’est nettement accélérée, s’établissant lui aussi à un niveau historiquement haut (25,7%). La hausse a été moins marquée chez les 25-49 ans et chez les plus de 49 ans.


Selon la dernière enquête auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM du secteur manufacturier aux Etats-Unis a continué de se redresser en février 2013. Il est à son plus haut niveau depuis juin 2011.
Cette nouvelle amélioration de la confiance des industriels concerne les perspectives de production et les carnets de commandes (totales comme à l’exportation). En revanche, après un net rebond en janvier, l’indice concernant l’emploi s’est replié. Ce repli marque non une baisse des embauches mais une légère décélération du mouvement des créations nettes d’emploi dans l’industrie.
L’indice synthétique ISM concernant les activités non manufacturières poursuit sa remontée progressive. Il est à son plus haut niveau depuis février 2012.
Cette évolution recouvre une hausse de l’indice concernant les carnets de commandes et un léger tassement de celui concernant l’emploi.
Cette amélioration du climat des affaires peut laisser raisonnablement optimiste sur le développement futur de l’activité aux Etats-Unis. Sans doute la conjoncture sera affectée par les coupes budgétaires qu’a entraînées le non accord des démocrates et des républicains sur le moyen de redresser les finances publiques (28 février dernier). Toutefois, cette situation était attendue et probablement anticipée par les entreprises qui ont répondu à l’enquête.
En même temps, demeurent des forces de rappel (poursuite du redressement de la construction de logement, besoins d’investissement dans les entreprises), qui font penser que la croissance américaine devrait se poursuivre à un rythme de l’ordre de +2% l’an.



FRANCE
1.Demandes d’emploi en janvier 2013 : +43 900 sur un mois, +306 500 sur un an (+10,7%)
2.Dépenses de consommation des ménages en janvier 2013 : recul de -0,8% imputable aux achats liés à l’automobile
3.Moral des ménages en février 2013 : stabilité de l’indice global, dégradation concernant les perspectives de chômage et les opportunités d’achats
4.Prix des appartements anciens au 4ème trimestre 2012 : stagnation au niveau national, repli de -1% à Paris et légère augmentation en province
5.Délais de paiement en 2011 : poursuite de la baisse pour les PME et les ETI
ZONE EURO
6.Climat des affaires en Allemagne en février 2013 : l’indice confirme, en l’accentuant, le redressement amorcé en novembre 2012

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine a poursuivi sa hausse en janvier 2013 : +43 900 chômeurs (+1,4%). La modification des règles de radiations administratives expliquerait près de la moitié de cette hausse (+21 100 chômeurs).
En hausse pour le 21ème mois consécutif, le nombre de demandeurs d’emploi s’est ainsi élevé à 3 169 300, son plus haut niveau depuis juillet 1997.
Le nombre atteint 4 680 200 en y ajoutant les personnes en activité réduite (catégories B et C).
Entre janvier 2012 et janvier 2013, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de +10,7%, soit +306 500 personnes, plus forte hausse depuis février 2010.
Par sexe, cette hausse a été plus importante chez les hommes (+12,4% sur un an, soit +183 600 personnes) que chez les femmes (+8,9%, soit +122 900).
Par tranche d’âge, c’est le nombre des demandeurs d’emploi âgés de 50 ans et plus qui a le plus fortement augmenté (+16,8%, soit +97 100), rythme près de deux fois supérieur à celui des autres tranches : +9,6% pour les moins de 25 ans (+47 000), +9,1% pour les 25-49 ans (+162 400).

Les dépenses de consommation des ménages en biens (50% de la totalité de la consommation en biens et services) se sont repliées en janvier 2013 (-0,8% en volume), après une hausse de +0,2% en décembre 2012. Cette baisse résulte essentiellement de la chute des achats liés à l’automobile (-11,7%). C’est, en partie, le contrecoup de la progression de +5,6% en décembre, « du fait d’achats anticipés de voitures relativement polluantes en prévision du renforcement du malus au 1er janvier 2013 ».
En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre, décembre 2012, janvier 2013), les achats des ménages ont stagné par rapport aux trois mois précédents, comme sur un an.
Cette stagnation fin 2012-début 2013 recouvre :
Il reste que la tendance est négative depuis le début de l’été (-0,6% l’an entre juillet 2012 et janvier 2013, toujours en moyenne mobile sur trois mois).
* Cette évolution est d’autant plus préoccupante que rien ne laisse attendre un quelconque redressement au cours des prochains mois compte tenu de la dégradation du marché du travail et des anticipations des ménages qui n’envisagent aucune réactivation de leurs achats.

L’indicateur synthétique de confiance des ménages est resté stable en février 2012, au niveau des deux mois précédents. Il reste très inférieur à sa moyenne de longue période.
Dans le détail, le moral des ménages est resté quasiment inchangé concernant leur niveau de vie futur et leur situation financière future.
En revanche, ils ont été plus nombreux qu’en janvier dernier à anticiper une hausse du chômage : le solde correspondant est au niveau de celui de l’été 2009, très au-dessus de sa moyenne de longue période.
Autre élément préoccupant, le solde d’opinion correspondant à l’opportunité de faires des « achats importants » continue de baisser, revenant à son niveau de février 2009, et ceci malgré des anticipations d’inflation en baisse.


Selon l’indice Notaires – INSEE, les prix des appartements anciens ont stagné au 4ème trimestre 2012 (données provisoires) pour l’ensemble de la France métropolitaine, après trois trimestres consécutifs de repli.
Ce coup d’arrêt au mouvement de baisse recouvre un net repli des prix à Paris (-1%) et une modeste hausse des prix en province (+0,1%).
Entre fin 2011 et fin 2012, les prix des appartements anciens ont, une nouvelle fois, baissé (-1%), repli qui concerne à la fois Paris (-1%) et la province (-1,7%).
En moyenne annuelle, la progression des prix en 2012 a nettement ralenti par rapport à 2011 (+0,7%, après +8,6%), pour l’ensemble de la France.
A Paris, après avoir enregistré une hausse de près de +20% en 2011, les prix des appartements anciens n’ont progressé « que » de +2,3% en 2012.
En province, les prix se sont légèrement contractés (-0,4%), après avoir augmenté d’environ +4% chacune des deux années 2010 et 2011.
Sur plus longue période, malgré ce tassement, les prix des appartements anciens en France restent, en 2012, supérieurs de +12,5% à leur niveau moyen de 2007 (+37,4% à Paris, +2,4% en province).
Les prix des logements dans l’ancien, comme d’ailleurs dans le neuf, ont tellement augmenté ces dernières années dans les grandes villes, notamment en région parisienne, que beaucoup pensaient que s’était formée une bulle immobilière. Le maintien des prix à un niveau élevé, alors que le nombre des transactions a chuté du fait de la forte baisse de la demande, atteste que la montée des prix était le reflet non d’une bulle spéculative, mais d’une insuffisance structurelle de l’offre de logements dans les zones tendues.

Selon le Rapport 2012 de l’Observatoire des délais de paiement, les délais de paiement clients des entreprises implantées en France ont poursuivi leur baisse en 2011 (-0,9 jour par rapport à 2010), pour s’établir à 44 jours de chiffre d’affaires. Leurs délais fournisseurs se sont réduits un peu plus fortement (-1,4 jour), pour atteindre 53,3 jours d’achats. Après « une baisse restée limitée en 2011 », « la situation devrait s’aggraver en 2012 » au vu des résultats de différentes enquêtes sur le sujet auprès des entreprises.
Sur plus longue période, les délais clients ont baissé de -10,3 jours de chiffre d’affaires entre 2000 et 2011 et les délais fournisseurs de -13,6 jours d’achats. Dans les deux cas, plus de la moitié de la réduction a été enregistrée au cours de la période 2007-2011 (respectivement -6 jours et -7,2 jours), grâce à la loi LME.
Ces chiffres d’ensemble recouvre des disparités selon :

En 2012, près d’un fournisseur sur deux du secteur public déclare « ressentir un allongement des délais de paiement ». Sans doute, les délais de paiement de l’Etat se sont réduits d’un tiers en 2012, « du fait d’une implémentation réussie d’un progiciel de gestion intégrée ». Le délai global de paiement (DGP)* de l’Etat s’est en effet replié à 23 jours après 36 jours en 2011.
En revanche, souligne le rapport, « des difficultés subsistent dans le secteur public local » (collectivités territoriales, établissements publics locaux), dont le délai est passé de 26,2 jours en 2011 à 27,2 jours en 2012. Les délais sont toujours en hausse dans les collectivités territoriales, mais restent inférieurs aux délais réglementaires (30 jours). Les délais s’allongent également dans les établissements publics de santé, pour atteindre 33 jours dans ceux de petite taille** et 40 jours dans ceux de grande taille (délais réglementaires de 50 jours dans les deux cas).
*Le DGP mesure le délai séparant la date de réception de la facture par les services de l’Etat de la date de mise en paiement de la dépense par le comptable. Il englobe donc l’ensemble de la chaîne de la dépense publique (hors paye), des délais d’ordonnancement aux délais d’intervention des comptables.
**Résultats d’exploitation < 70 millions d’euros (> 70 millions d’euros pour les établissements de grande taille)

L’indice IFO du climat des affaires dans le commerce et l’industrie a progressé en février 2013 pour le quatrième mois consécutif. Il a retrouvé son plus haut niveau depuis avril 2012 et a enregistré sa plus forte hausse depuis juillet 2010.
La composante « situation actuelle » a sensiblement progressé retrouvant son niveau de septembre 2012. Les perspectives à 6 mois s’améliorent encore plus nettement, l’indice remontant pour le 5ème mois consécutif, à son plus haut niveau depuis juillet 2011.
Cette amélioration est perceptible dans l’ensemble des secteurs :



FRANCE
1.Climat des affaires en février 2013 : lourdeur persistante
2.Financement des grandes entreprises en février 2013 : amélioration des indicateurs mais situation toujours contraignante
3.Prix à la consommation en janvier 2013 : poursuite du ralentissement (+1,2% sur un an)
4.Salaires de base au 4ème trimestre 2012 : +0,2% sur un trimestre (+0,8% l’an), +2% sur un an
5.Prévisions de la Commission européenne pour 2013 et 2014 - France : croissance en berne pour la deuxième année consécutive en 2013
ZONE EURO
6.Prévisions de la Commission européenne pour 2013 et 2014 - vue d’ensemble : récession dans la zone euro en 2013 pour la deuxième année consécutive
INTERNATIONAL
7.Marché du logement aux Etats-Unis en janvier 2013 : -8,5% sur un mois, +8,9% en moyenne mobile sur trois mois
ANNEXES STATISTIQUES
8.Finances publiques dans la zone euro en 2013 et 2014 (prévisions de la Commission européenne)
9.Tendances récentes des marchés

Selon les dernières enquêtes de l’INSEE, le climat des affaires en France reste défavorable en février 2013 : l’indicateur synthétique stagne à son niveau de décembre 2012 et janvier 2013, quasiment au plus bas depuis l’automne 2009.
Cette stagnation de l’indice du climat des affaires recouvre :


Selon la dernière enquête réalisée par l’AFTE et Coe-Rexecode entre le 5 et le 11 février 2013 auprès des trésoriers des « grandes entreprises » (500 salariés et plus), quatre points sont à souligner :


L’indice des prix à la consommation, en données brutes, a baissé de -0,5% en janvier 2013, après une hausse de +0,3% en décembre 2012. En données corrigées des variations saisonnières, il a augmenté de +0,1%, comme au mois précédent.
Cette hausse est imputable aux prix des services. En revanche, les prix se sont repliés pour l’ensemble des autres produits (énergie, alimentation, produits manufacturés).
Sur un an, l’indice des prix a poursuivi son ralentissement : +1,2%, rythme le plus lent depuis janvier 2010. Hors tabac, la hausse a été de +1,1%, après +1,2% en décembre 2012.
Entre octobre 2012 et janvier 2013, les prix se sont accrus de +0,3% l’an, après +2,2% l’an entre juillet et octobre 2012. Cette moindre progression recouvre :
L’inflation sous-jacente (hors tarifs publics, énergie et produits frais) s’est redressée : +1,1% l’an sur trois mois, après -0,2% l’an entre juillet et octobre. Sur un an, elle reste modérée (+0,8%).

Selon les résultats provisoires de la Dares, les salaires, dans les entreprises de 10 salariés ou plus de l’ensemble de l’économie hors agriculture et emplois publics, ont progressé de +0,2% en valeur au 4ème trimestre 2012, soit +0,8% l’an, qu’il s’agisse du salaire mensuel de base (SMB) ou du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE)*.
Cette hausse est identique à celle de l’indice des prix à la consommation (pour l’ensemble des ménages et hors tabac) au cours du 4ème trimestre 2012. D’où une stagnation du pouvoir d’achat salarial à la fin de l’année 2012.
*L’enquête trimestrielle Acemo permet désormais de calculer le salaire horaire de base pour les ouvriers et les employés (SHBOE), et non plus seulement pour les ouvriers (SHBO).
Entre le 4ème trimestre 2011 et le 4ème trimestre 2012, l’indice du salaire mensuel de base a progressé de +2% en valeur, celui du SHBOE de +2,1%. Cette évolution sur un an, rapprochée de l’évolution trimestrielle, atteste d’un ralentissement salarial en fin d’année. Toutefois, la modération de la hausse des prix (hors tabac, pour l’ensemble des ménages) a permis des gains de pouvoir d’achat en termes de salaires de base de l’ordre de +1% (+0,9% pour le SHBOE, +0,8% pour le SMB).

1- La Commission européenne vient de réviser sensiblement en baisse ses prévisions de croissance pour la France en 2013 : +0,1% au lieu de +0,4% dans sa précédente projection de l’automne 2012.
La quasi-stagnation de 2013 résulterait de l’effet combiné de plusieurs facteurs :
Pour 2014, la Commission anticipe une reprise de la croissance (+1,2%), permise par un « timide rebond de l’exportation » au second semestre 2013, qui lui-même favoriserait un « modeste redressement de la confiance des agents économiques », sur fond de « stabilisation du marché du travail ». Ce qui devrait entraîner un rebond des dépenses des ménages, et un « rattrapage » des investissements des entreprises. En revanche, du fait d’une réaccélération des importations, la contribution nette des échanges extérieurs deviendrait légèrement négative en 2014.
Reste que, selon la Commission, les aléas pesant sur ses prévisions 2013-2014 sont doubles : en positif, une reprise plus rapide grâce à un regain de confiance dans la zone euro ; en négatif, un rebond différé de la demande interne et externe, ainsi qu’une influence plus importante que prévu des pertes de compétitivité sur la croissance.
De fait, la prévision de la Commission pour 2014 (+1,2%) est très en dessus de celle du Consensus de février 2013 (+0,8%).
A supposer même que la prévision de croissance de la Commission se réalise en 2014, le chômage continuerait d’augmenter (taux de chômage de 11%, après 10,7% en 2013 et 10,3% en 2012).
2- A la révision en baisse de la croissance, la Commission associe une révision à la hausse du déficit des finances publiques : -3,7% du PIB en 2013 (-3,5% dans la projection de l’automne 2012).
En 2014, elle prévoit une nouvelle « détérioration marginale » du solde, à -3,9% du PIB, à politique inchangée. Cette prévision paraît étonnante dans un contexte de redressement de la croissance. La raison avancée par la Commission serait que le CICE est considéré par elle comme non financé, dès lors que les modalités de son financement n’ont pas été spécifiées. On peut y voir un message pour que la France présente un programme crédible de réduction des dépenses publiques.

Les dernières prévisions de de la Commission européenne, parues le 22 février 2013, confirment la révision à la baisse attendue des perspectives de croissance en Europe.
Quatre observations:

Le redressement du marché de la construction résidentielle aux Etats-Unis a marqué une légère pause en janvier 2013. Les mises en chantier de logements se sont en effet repliées : -8,5%, après +15,7% en décembre 2012. Sur un an, elles s’inscrivent en hausse de +23,6%. En revanche, les permis de construire ont poursuivi leur progression (+1,8% en janvier, après +1% en décembre 2012, +35,2% sur un an).
En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre, décembre 2012, janvier 2013), les mises en chantier ont augmenté de +8,9% par rapport aux trois mois précédents (+27,2% sur un an). Simultanément, les permis de construire ont progressé de +6,8% sur la même période (+30,6% sur un an).
Les mises en chantier sont ainsi ressorties au nombre de 901 333 en rythme annualisé. Ce chiffre est inférieur d’un tiers à son niveau moyen des années 2000-2012 et de quelque -50% à celui des années 2000-2006 (avant le début de la crise immobilière).
Ce redressement devrait se poursuivre au vu de la bonne orientation des autres indicateurs : les stocks de logement à vendre restent bas, les prix de l’immobilier sont repartis à la hausse et l’opinion des constructeurs dans le résidentiel est à son plus haut niveau depuis avril 2006.
Il faut par ailleurs rappeler que le potentiel de constructions nouvelles est encore important (besoin estimé à 1,5 millions de logements par an), compte tenu de la démographie et des nécessités de renouvellement du parc, notamment.
ANNEXES STATISTIQUES







FRANCE
1.Croissance du PIB au 4ème trimestre 2012 : recul sur un trimestre, croissance nulle en moyenne annuelle
2.Production industrielle en décembre 2012 : +0,1% sur un mois, -2,5% au 4ème trimestre
3.Emploi salarié au 4ème trimestre 2012 : -28 100 et -66 800 postes sur l’ensemble de l’année 2012
4.Créations d’entreprise en janvier 2013 : +25,6%, rebond largement imputable aux créations d’auto-entreprise
ZONE EURO
5.L’euro au début de l’année 2013 : un renchérissement qui affaiblit les entreprises de la zone
INTERNATIONAL
6.Tendances récentes des marchés

Selon la première estimation de l’INSEE, le PIB se serait contracté de -0,3% au 4ème trimestre 2012. La croissance serait nulle en moyenne annuelle pour 2012.
Cette baisse du PIB au 4ème trimestre recouvre :
En termes de production :
En termes de composantes :
Trois remarques complémentaires :
Compte tenu de cet acquis négatif fin 2012, la croissance de 2013 se jouera sur le chiffre du 1er trimestre. Sans doute un rebond «technique » peut être envisagé pour compenser le fort mouvement de déstockage du dernier trimestre 2012. Reste que si les enquêtes de conjoncture de fin février s’enfoncent comme celles de janvier, une nouvelle contraction du PIB serait à craindre (la Banque de France retient une baisse du PIB de -0,1% pour le 1er trimestre 2013).
Au total, rien ne laisse actuellement envisager autre chose qu’une « croissance » au mieux nulle en 2013.
L’ensemble de la zone euro a enregistré une baisse du PIB au 4ème trimestre 2012 (-0,6%). En particulier, le PIB s’est contracté de -0,6% en Allemagne (retournement des investissements productifs, ralentissement des exportations nettement plus prononcé que celui des importations). L’acquis pour 2013 est de -0,3%. En moyenne annuelle, la croissance serait de +0,9% en 2012.
En Italie, le PIB a baissé de -0,9% au dernier trimestre 2012 (-2,2% en 2012 en moyenne annuelle). Il s’est contracté de -0,7% en Espagne et de -1,8% au Portugal.

La production dans l’industrie manufacturière s’est accrue de +0,1% en décembre 2012, comme au mois de novembre. Elle a été tirée par les industries agroalimentaires (+1,9%, en raison principalement d’une forte augmentation de la production de bière avant la hausse de la taxation de ce produit à compter du 1er janvier 2013). Tous les autres grands secteurs ont enregistré un recul de leur production, de -0,9% dans les équipements à -1,4% dans la cokéfaction et le raffinage.
Malgré cette légère hausse, l’activité manufacturière a chuté de -2,5%* entre le 3ème et le 4ème trimestre 2012 (-3,9% sur un an). Ainsi la production du 4ème trimestre 2012 est inférieure de 15,3% à son point haut du 1er trimestre 2008.
A l’exception de la production dans les industries agroalimentaires (+0,8%), ce recul concerne la plupart des grands secteurs : -2,3% dans la fabrication d’équipements, -5,5% dans la fabrication de matériels de transport (-10,1% pour la seule industrie automobile), -9,1% dans la cokéfaction et le raffinage et -2,6% dans la « fabrication d’autres produits industriels » (-0,2% dans la chimie, -2,5% dans le textile-cuir, -4,5% dans la métallurgie).
Sur l’ensemble de l’année 2012, la production manufacturière s’est contractée de -2,7%, après +3% en 2011. Elle est inférieure de 13% à son niveau de 2007.En revanche, en Allemagne, la production, qui s’est réduite de -0,9% en 2012, après +8,9% en 2011, est très proche de son niveau d’avant crise (-0,2%).
*Ce chiffre de -2,5% ne correspond pas rigoureusement à celui de la comptabilité nationale (-2,3%). Cet écart résulte de la différence de définition entre les deux indicateurs : l’IPI reflète l’évolution de la production en quantité physique, la production issue de la comptabilité nationale reflète l’évolution de la production en euros constants, notion proche de celle du chiffre d’affaires.

Selon une première estimation, les effectifs salariés du secteur marchand non agricole auraient poursuivi leur repli au 4ème trimestre 2012, mais avec une intensité moindre qu’au trimestre précédent : -28 100 postes (-0,2%), après -41 700 au 3ème trimestre. Hors intérim, la baisse des effectifs a été plus importante qu’au 3ème trimestre (-14 300 postes, après -10 500). Cette réduction des effectifs à la fin 2012 concerne tous les grands secteurs, à l’exception du tertiaire hors intérim qui a créé +3 100 postes. La baisse a été particulièrement marquée dans l’industrie (-13 100, contre -5 400 au trimestre précédent).
Au cours de l’année 2012, les effectifs salariés auront baissé de -66 800 postes (-0,4%), après deux années de redressement (+102 700 en 2010, +51 700 en 2011). Ce repli provient en quasi-totalité des pertes d’emplois intérimaires (-65 600 postes). L’industrie a perdu -31 700 emplois et la construction -9 400. Ces pertes ont été quasiment compensées par les créations d’emplois dans les services et le commerce (+39 900).
Cette rechute de l’emploi salarié en 2012 devrait se poursuivre en 2013. Les dernières enquêtes de conjoncture font état, en effet, d’anticipation d’évolution des effectifs toujours mal orientées dans l’industrie, la construction mais aussi les activités de services.


Les créations d’entreprise se sont fortement accrues en janvier 2013 (+25,6%), après s’être repliées de -12,1% en novembre et de -15,1% en décembre 2012. Cette hausse recouvre une forte progression des créations d’auto-entreprise (+49,6%, données brutes), qui représentent 55% du total, et une hausse nettement moins marquée des créations hors auto-entrepreneurs (+4,9%, données CVS).
En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre, décembre 2012, janvier 2013), le nombre de créations d’entreprise s’est réduit de -7,6% sur un an.
Par type d’entreprise, ce repli se retrouve dans les créations hors auto-entrepreneurs (-4,7%) et, de façon plus marquée, dans les créations d’auto-entreprise (-10%).
Par type d’activité, cette contraction concerne tous les grands secteurs, de -6% dans le commerce à -13,4% dans l’industrie, en passant par -7,3% dans la construction et -8,5% dans les services marchands.

L’euro s’apprécie de façon continue depuis la fin de l’année dernière : entre novembre 2012 et la première quinzaine de février 2013, il est passé de 1,28 à 1,35 dollar, soit une hausse de +5,1%. Dans le même temps, il s’est apprécié de +7,1% par rapport à la livre sterling, de +21,1% par rapport au yen, de +4,9% par rapport au yuan.
Cette appréciation de l’euro, liée à une plus grande confiance dans la stabilité de la zone euro, mais aussi aux politiques monétaires accommodantes dans les autres parties du monde, a deux effets contraires. Elle permet d’amortir l’impact de la remontée des prix des produits de base importés (pétrole, matières premières) sur les coûts de production et sur le pouvoir d’achat. En même temps, elle affaiblit la compétitivité des entreprises sur les marchés extérieurs. Elle l’affaiblit tout autant sur les marchés intérieurs de la zone dont les produits sont concurrencés par des produits fabriqués dans les autres régions économiques du monde et d’autres pays de l’Union européenne dont la devise n’est pas l’euro (livre sterling, couronne suédoise).
Pour les entreprises, il n’y a pas d’autre alternative au renchérissement de l’euro - surtout dans une conjoncture en récession où la compétitivité prix devient déterminante - que de comprimer leurs marges, sauf à disparaître du marché. Ce qui ne peut qu’alourdir le climat des affaires dans une zone euro déjà en récession, et différer les espoirs d’une amélioration de la conjoncture.
Sur longue période, le taux de change effectif réel de l’euro s’est apprécié de +19% entre janvier 1999 et janvier 2013 par rapport à l’ensemble des monnaies*. Dans le même temps, celui du dollar a baissé de -17%, et celui du sterling de -9% par exemple.
*Taux de change qui combine les différents changes bilatéraux pondérés par la structure du commerce extérieur et les écarts d’inflation

Des changes irréalistes et faussés peuvent rendre caduque la politique de désarmement douanier. L’asymétrie et l’instabilité monétaires ne sont pas compatibles avec un commerce mondial loyal et équilibré fondé sur la réciprocité.



FRANCE
1.Balance commerciale en 2012 : réduction du déficit de -74 milliards d’euros en 2011 à -67 milliards d’euros, grâce à une amélioration du solde industriel
2.Crédits nouveaux au secteur privé en 2012 : repli de -12% (-23% pour les ménages, -4% pour les entreprises)
3.Investissements dans l’industrie en 2013 : maintien annoncé des budgets, après une progression de +2% en 2012
4.Immatriculations de voitures neuves en janvier 2013 : -12,8% sur un mois, -8,5% en moyenne mobile sur trois mois
INTERNATIONAL
5.Climat des affaires aux Etats-Unis en janvier 2013 : net rebond de l’activité manufacturière
6.Marché du travail aux Etats-Unis en janvier 2013 : ralentissement des créations d’emploi et hausse du chômage
7.Tendances récentes des marchés
BRÈVE
Selon une première estimation, la Banque de France prévoit une croissance du PIB de +0,1% pour le 1er trimestre 2013. Dans sa prévision de décembre dernier, elle annonçait une baisse de -0,1% du PIB au 4ème trimestre 2012.

Les chiffres du commerce extérieur pour l’ensemble de l’année 2012 mettent en évidence un nouveau ralentissement des échanges entre 2011 et 2012. Les exportations ont marqué le pas (+3,2%, après +8,4% en 2011), tirées vers le bas par les contre-performances de l’industrie automobile et des produits agricoles. A noter toutefois le niveau record des livraisons aéronautiques et spatiales. De leur côté, les importations ont nettement ralenti (+1,3%, après +12,3%), en raison du recul des achats automobiles, de produits métallurgiques et de machines et équipements.
La progression plus importante des exportations que des importations a permis une réduction de 6,9 milliards d’euros du déficit commercial FAB-FAB, de -74 milliards d’euros en 2011 (-69,6 milliards d’euros dans l’estimation de février 2012) à -67,2 milliards d’euros en 2012. Les chiffres confirment trois points forts : l’aéronautique, la pharmacie, l’agroalimentaire.
En considérant les échanges FAB-CAF (données permettant une analyse sectorielle et géographique), il en ressort :
Sur le plan sectoriel :

Sur le plan géographique :
* – Amérique du Nord, Amérique centrale, Amérique du sud

Répartition des exportations en 2012


Les crédits nouveaux au secteur privé se sont réduits de -12,2% en 2012 (flux mensuels cumulés sur un an), après avoir quasiment stagné en 2011 (-0,5%). Ceci représente une baisse de -54 milliards d’euros. Ce repli concerne de façon nettement plus marquée les crédits aux ménages que les crédits aux entreprises.
Les crédits aux ménages ont en effet poursuivi leur chute : -23,1% en 2012, après -7,3% en 2011. Ce repli s’explique en totalité par les crédits à l’habitat, en baisse de -31,6%. En revanche, les crédits à la consommation ont progressé de +1,2%.
Dans l’ensemble, les crédits nouveaux aux ménages sont inférieurs de 26,6% à leur niveau de 2007, avant la crise, soit -53,8 milliards d’euros. Elle s’explique à hauteur de 89% par les crédits à l’habitat, et de 11% par les crédits à la consommation.
Les crédits aux sociétés non financières ont également reculé en 2012, mais de façon plus modérée (-3,7%, après +5,5%). Cette évolution se retrouve dans les crédits jusqu’à un an (-1,5%), et, de façon plus marquée, dans les crédits à plus d’un an, c’est-à-dire pour une bonne part ceux relatifs aux investissements (-8,6%).
Globalement, les crédits nouveaux aux sociétés non financières étaient ainsi inférieurs de -20,3% par rapport à ce qu’ils étaient en 2007 (soit -60,9 milliards d’euros). Cette baisse de l’endettement, alors que la situation financière des entreprises reste dégradée, a contribué à la contraction des investissements en 2012.

L’INSEE vient de publier l’enquête de janvier 2013 sur les budgets d’investissement dans l’industrie manufacturière (1/4 de l’investissement productif en France). Les industriels interrogés annoncent :
Au total, cette enquête montre que les industriels auraient révisé à la hausse de +3 points leurs budgets d’investissement pour les deux années.
Cette orientation favorable est assez inattendue au regard des indicateurs de conjoncture (commandes et perspectives d’activité) et des informations disponibles sur la situation financière des entreprises (dégradation des perspectives de résultats et de trésorerie dans l’industrie fin 2012, contraction des crédits nouveaux aux entreprises en 2012).
Sectoriellement, ce relèvement des budgets pour 2013 est imputable aux industries agroalimentaires (+6%, contre -3% dans l’enquête d’octobre, après +5% en 2012) et au secteur de l‘équipement (+9%, contre +3% dans l’enquête d’octobre, après -9% en 2012).
En revanche, dans le secteur des matériels de transport, les projets ont été nettement révisés à la baisse, notamment dans l’industrie automobile (-21%, contre -6% dans l’enquête d’octobre, après, il est vrai, +20% en 2012).
La prévision de janvier pour 2013 est toutefois à prendre avec prudence : on observe, au vu des enquêtes précédentes, une correction quasi systématique à la baisse entre l’enquête de janvier de l’année en cours et la réalisation effective (connue que dans l’enquête de juillet de l’année n+1). C’est dire que le maintien annoncé des budgets d’investissement en 2013 est loin d’être acquis…
Même si les prévisions pour 2012 et 2013 étaient confirmées, les budgets d’investissement resteraient inférieurs de 8% à leur niveau de 2007.

Les immatriculations de voitures particulières et commerciales neuves se sont contractées de -12,8% en janvier 2013, après +8,8% en décembre 2012. Ce net repli provient exclusivement des voitures de marques étrangères (-24,3%), celles de marques françaises ayant progressé de +3,8%.
En moyenne mobile sur les trois derniers mois connus (novembre, décembre 2012, janvier 2013), les immatriculations poursuivent leur repli entamé au cours de l’été 2012 : elles ont baissé de -8,5% par rapport aux trois mois précédents (-15,5% sur un an).
Cette diminution a été nettement plus importante pour les voitures de marques françaises (-15,3%) que pour celles de marques étrangères (-2,1%).
A noter : toujours en moyenne mobile sur trois mois, les immatriculations de voitures de marques françaises ont chuté de plus de 40% entre le début 2011 et le début 2013. Elles représentent désormais 45% des immatriculations totales, contre 55,5% deux ans plus tôt. Elles sont retombées à leur plus bas niveau depuis 1962.
Avec 1,7 million en rythme annualisé, les immatriculations totales s’inscrivent en recul de -18,9% par rapport à la moyenne des années 2000-2011, soit quelque 400 000 unités de moins.
A titre de comparaison, cette réduction du nombre d’immatriculations de voitures neuves de -8,5%, a été nettement plus forte que celle enregistrée en Espagne (-4,7%) et plus encore qu’en Allemagne (-2,9%). En revanche, elle a été moins marquée qu’en Italie (-9,5%).

Selon la dernière enquête auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM du secteur manufacturier aux Etats-Unis s’est nettement redressé en janvier 2013. Il repasse ainsi au-dessus de sa moyenne des années 2000-2011.
Cette amélioration est généralisée puisque les principales composantes y contribuent : perspectives de production, carnets de commandes, emploi. En revanche, l’indice concernant les commandes à l’exportation s’est légèrement réduit, tout en restant dans la zone d’expansion.
L’indice synthétique ISM concernant les activités non manufacturières a légèrement baissé au début de l’année 2013, mais reste supérieur à la ligne des 50 et à sa moyenne de longue période. Ceci traduit seulement une légère décélération de l’activité. Cette évolution recouvre un repli de l’indice concernant les carnets de commandes et une hausse de l’indice concernant l’emploi.
Le niveau de ces indices (activités manufacturière et non manufacturière), largement supérieur à la ligne des 50, confirme que la contraction du PIB au 4ème trimestre 2012 n’était que temporaire et indique que la croissance de l’économie américaine est sur une tendance de l’ordre de +2% l’an.
Les créations d’emploi salarié dans le secteur non agricole de la fin de l’année 2012 aux Etats-Unis ont été nettement révisées à la hausse, et ceci en dépit d’une légère contraction du PIB au 4ème trimestre (-0,1% en rythme annualisé) : +247 000 postes en novembre, contre +161 000 dans l’estimation précédente, +196 000 en décembre, contre +155 000.
Au mois de janvier 2013, les créations ont quelque peu ralenti (+157 000).
Le secteur privé a créé +166 000 emplois (+202 000 en décembre 2012). En revanche, 9 000 postes ont été détruits dans le secteur public (-6 000 en décembre), conséquence des politiques de redressement budgétaire.
Après avoir stagné en décembre 2012 à 7,8%, le taux de chômage aux Etats-Unis est remonté à 7,9% de la population active en janvier 2013, ce qui représente 12,3 millions de chômeurs (+126 000 personnes).
Les créations d’emploi aux Etats-Unis ne suffisent pas pour permettre une réduction significative du taux de chômage, qui se maintient autour de 7,8-7,9% depuis septembre 2012.



FRANCE
1.Demandes d’emploi en décembre 2012 : +500 000 chômeurs en trois ans
2.Dépenses de consommation des ménages en biens en 2012 : -0,2%, après une stagnation en 2011
3.Moral des ménages en janvier 2013 : indicateur toujours à un niveau bas
4.Eclairage sur les créations d’entreprise en 2012 : recul hors auto-entreprises, montée en puissance des SAS, davantage de femmes créatrices
INTERNATIONAL
5.Croissance du PIB aux Etats-Unis au 4ème trimestre 2012 : une interruption qui ne remet pas en cause une trajectoire autour de +2% l’an
6.Investissements des entreprises aux Etats-Unis au 4ème trimestre 2012 : un rebond encourageant
7.Perspectives économiques mondiales du FMI pour 2013 : la zone euro de nouveau en récession
8.Tendances récentes des marchés
BRÈVE
Recul de -15% des immatriculations de voitures particulières entre janvier 2012 et janvier 2013, selon le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (-12,9% pour les groupes français, -17,4% pour les groupes étrangers).

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans emploi) en France métropolitaine a quasiment stagné entre novembre et décembre 2012 (+300 personnes). Il s’est ainsi établi à 3 132 900 personnes, plus haut niveau depuis janvier 1998.
En y ajoutant les personnes en activité réduite (catégorie B et C), le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de +0,2% (+10 200 personnes), pour atteindre 4 627 600 personnes.
Entre décembre 2011 et décembre 2012, le nombre de demandeurs d’emploi de la catégorie A a progressé de +284 600 personnes, en nette accélération par rapport aux augmentations enregistrées en 2010 et 2011. La hausse a été de près de 500 000 personnes en trois ans.
Cette hausse de +10% sur un an recouvre :
En considérant les catégories A, B et C, la progression a été de +374 200 personnes, soit +8,8%.
Le nombre de chômeurs de longue durée (plus d’un an) pour ces trois catégories n’a cessé de croître (+12,5%, soit +202 400 personnes entre fin 2011 et fin 2012). Il a atteint 1 816 300 personnes, un niveau historiquement élevé.

Les dépenses de consommation des ménages en biens (représentant 50% de la totalité de la consommation en biens et services) ont stagné en décembre 2012, après une augmentation de +0,2% en novembre. Cette stagnation résulte d’une hausse de +4,6% des achats liés à l’automobile (anticipation du renforcement du malus sur les voitures les plus polluantes au 1er janvier 2013) et d’un repli de -2,8% des dépenses énergétiques (températures douces en fin d’année).
Au 4ème trimestre 2012, les achats des ménages ont légèrement reculé par rapport au trimestre précédent (-0,1% après +0,2% au 3ème trimestre). Ils se situent à leur niveau du 4ème trimestre 2007. Cette contraction recouvre :
Au total, sur l’ensemble de l’année 2012, les dépenses des ménages se sont repliées de -0,2% en moyenne annuelle, après une stagnation en 2011. Ce recul se retrouve dans les dépenses en produits alimentaires (-0,5%), et de façon plus marquée dans les achats liés à l’automobile (-4,4%) et ceux en textile-cuir (-3,3%). En revanche, les dépenses énergétiques ont progressé de +2,5% et celles liées à l’équipement du logement de +1,8%.

L’indicateur synthétique de confiance des ménages s’est légèrement effrité en janvier 2013, à un niveau très inférieur à sa moyenne des années 2000-2011.
Les ménages restent pessimistes sur le niveau de vie général en France. Le solde d’opinion relatif au niveau de vie futur s’est réduit, à un niveau très proche des plus bas atteints ces dernières années.
En revanche, ils sont un peu moins nombreux qu’en décembre 2012 à anticiper une hausse du chômage. Toutefois, le solde d’opinion reste très élevé.


Une publication récente de l’INSEE* confirme qu’en 2012, 550 000 entreprises ont été créées en France, autant qu’en 2011 (549 800). Cette stabilité recouvre :
* INSEE Première n°1433 (Janvier 2013) « En 2012, plus d’immatriculations d’auto-entreprises, moins de créations de sociétés »
Les créations ont été stables ou en hausse dans la plupart des secteurs, à l’exception des activités immobilières (-11%), financières et d’assurance (-7%). Les créations augmentent le plus fortement dans l’information et la communication (+7%) et dans l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale (+6%). Hors auto-entrepreneurs, les créations sont en baisse dans tous les secteurs, hormis celui « Enseignement, santé humaine et action sociale » (+3%). La diminution est la moins marquée dans les secteurs « Information et communication » (-3%) et « Autres services aux ménages » (-4%) alors que le recul est fort dans l’industrie (-14%), les activités immobilières (-11%) et les activités financières et d’assurance (-10%).
95 % des entreprises créées n’ont aucun salarié, et 88% hors auto-entrepreneurs. Pour les 12% d’entreprises nouvelles employant des salariés, le nombre moyen de l’effectif est de 2,9 salariés, dans une fourchette de 1,8 salarié (activités immobilières) à 4 salariés (industrie).
Parmi les nouvelles sociétés (29% des entreprises créées en 2012), le statut de SAS (sociétés anonymes simplifiées) gagne du terrain : leur part atteint 19% (4% en 2008), alors que celle des SARL, toujours majoritaires, décroît (76%, contre 91% en 2008).

Il y a de plus en plus de femmes créatrices d’entreprises : 38% des entreprises individuelles ont été créées par des femmes (34% en 2002). Elles sont majoritaires parmi les créateurs dans l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale (60%) et dans les autres « services aux ménages » (57%). L’industrie est le secteur qui s’est le plus féminisé ces dix dernières années : les femmes y représentent 45% des créations en 2012 contre 28% en 2002. La tendance a été accélérée par l’entrée en vigueur du régime de l’auto-entrepreneur (47% des créateurs qui ont opté pour ce régime dans l’industrie sont des femmes). En revanche, les créateurs hommes sont très présents dans l’information et la communication (83%) et davantage encore dans la construction (97%).
L’âge moyen du créateur d’entreprise est de 38 ans, les auto-entrepreneurs étant un peu plus représentés que les autres créateurs dans les tranches d’âge extrêmes (moins de 30 ans, 60 ans et plus).

Selon une première estimation, la croissance du PIB aux Etats-Unis a marqué le pas au 4ème trimestre 2012 (-0,1% l’an), pour la première fois depuis le 2ème trimestre 2009.
Ce trou d’air de la fin de l’année 2012 est le résultat de deux facteurs exceptionnels :
Il résulte également d’une contraction des exportations (-5,7% l’an, après +1,9%), recouvrant -7,9% pour les biens et -0,1% pour les services.
Ces facteurs récessifs ont été quasiment compensés par la vigueur de trois moteurs de la croissance :
Au total, sur l’ensemble de l’année 2012, le PIB américain se serait accru de +2,2%, après +1,8% en 2011.
En définitive, cette panne de croissance de la fin 2012 ne saurait remettre en cause la trajectoire de croissance autour de +2% l’an, au vu de l’orientation positive de plusieurs indicateurs déterminants (enquête auprès des chefs d’entreprise, marché du logement, commandes reçues par les entreprises, etc.), sous réserve d’une politique graduelle de redressement des finances publiques.

Les commandes totales en biens d’investissement manufacturés aux Etats-Unis se sont nettement redressées en décembre 2012 : +14,4%, après un recul de -1,8% en novembre.
Hors matériel militaire et aéronautique, les commandes nouvelles se sont légèrement accrues (+0,2%, après +3% en octobre et en novembre).
Au 4ème trimestre 2012, les commandes (hors matériel militaire et aéronautique) ont bondi de +4,9%, après un repli de -6,6% au 3ème trimestre.
Elles restent néanmoins inférieures de -3,4% à leur niveau de fin 2011 – début 2012.
Ce redémarrage des investissements laisse augurer une orientation favorable des investissements des entreprises au cours des prochains trimestres. Leur situation financière le permet et, surtout, les besoins sont encore importants compte tenu de la faiblesse des investissements au cours des dernières années.

Le FMI vient de publier une actualisation de ses « Perspectives économiques mondiales » pour 2013 et 2014.
Ces prévisions appellent quatre observations sur 2013 :
Malgré les mesures prises par les pouvoirs publics pour réduire les risques d’une grave crise dans la zone euro et aux Etats-Unis, le FMI alerte sur deux « risques considérables de dégradation », susceptibles de remettre en cause ces prévisions :
C’est pourquoi le FMI souligne qu’ « il est urgent pour les pouvoirs publics de faire face à ces risques ».
* Selon le dernier Consensus Forecasts (14 janvier 2013), la croissance du PIB en France serait de +0,1% en 2013, comme en 2012, et de +0,8% en 2014.


