Communiqués de presse
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17 avril 2012
Point presse mensuel d'avril 2012
Bonjour à tous. La conférence de presse que nous avons ce matin ensemble est une conférence de presse charnière. C’est une conférence de presse évidemment de fin de campagne pour l’élection présidentielle et c’est une conférence de presse qui se tient quelques minutes, dans moins d’une heure, à quelques minutes d’une Assemblée générale importante pour nous puisque c’est une Assemblée générale qui va entériner un changement assez important de notre Conseil exécutif. Vous recevrez, si ce n’est pas déjà fait, de la main d’Anton et de ses équipes, la liste du nouveau Conseil exécutif qui devrait être ratifié dans la matinée.
C’est aussi, du coup, une Assemblée générale bien sûr qui doit valider les comptes de notre association, le Medef. Et c’est pourquoi j’ai demandé à Jean-Louis Schilansky, notre vice-président trésorier, de venir vous présenter les principaux chiffres et les enseignements que nous pouvons tirer de la gestion de 2011. De même, je tiens tout de suite à vous dire que les équipes vont vous remettre un rapport de gestion et un rapport d’activité qui a été préparé par Michel Guilbaud et ses équipes et qui retrace tout ce que nous avons fait au cours de l’année 2011.
Donc, je vais donner la parole à Jean-Louis et ensuite, je reviendrai ici pour vous dire quelques mots de ce qui a été à l’ordre du jour de nos débats hier en Conseil exécutif et ensuite pour répondre à vos questions.
Jean-Louis Schilansky
Bonjour à toutes, bonjour à tous. Effectivement, cette année, il y a eu une innovation dans la façon dont nous présentons les activités du Medef. En plus du rapport de gestion que nous avons en fait publié depuis déjà plusieurs années, on a établi un rapport d’activité et vous verrez qu’entre ces deux documents, vous avez une vision très complète de ce que fait le Medef, de ce qu’il a fait en tous les cas dans le courant de l’année 2011 et la façon dont il a été géré. Donc, vous allez recevoir ces deux documents. On va d’abord dire un mot du rapport d’activité. C’est tout simple, finalement, c’est énumérer, c’est reprendre toutes les choses que le Medef a faites, aussi bien sur le plan économique, sur le plan social dans tous ses projets et dans toute la façon dont il a été géré dans le courant de l’année 2011. Je vous en conseille fortement la lecture, je pense que c’est très éducatif et cela donne une très bonne vision, une très bonne perspective de ce qui a été fait. En ce qui concerne le rapport de gestion, je dirai qu’il est dans la continuité de ce que nous avons fait les années passées, c’est un rapport qui reprend les comptes du Medef, aussi bien le compte de résultat que le compte de bilan. Je voudrais insister sur deux ou trois choses : la première, c’est qu’à l’intérieur qui est finalement assez faible, les ressources du Medef ne sont pas très importantes, elles sont de l’ordre d’une trentaine de millions d’euros, 33 millions pour être plus précis, nous avons réussi dans le courant de l’année 2011, à faire plus avec ces ressources. Et en fait, au travers d’une gestion à la fois rigoureuse et en même temps créative, réussi à dégager des fonds pour faire des choses qui étaient absolument indispensables, et la chose principale qui est absolument indispensable, c’était d’être présent et d’être présent fortement à l’occasion du G20 sous la forme du Business Summit 20, au cours duquel on a invité les homologues en fait du Medef des 20 pays membres du G20 précisément, mais pas seulement, des CEO de très grandes entreprises, et cela a été un évènement tout à fait exceptionnel au travers du rayonnement que cela a donné au Medef et au travers de l’occasion, de l’opportunité que cela représentait de parler du business, de parler de ce qui se passait. Et de nombreux chefs d’Etat sont venus à ce B20 : le président du Mexique, la présidente de l’Argentine, le président de la Russie sont venus personnellement leur vision, j’en oublie certainement, le Premier ministre turc, sont venus donner leur vision de ce qu’ils voyaient dans les relations entre les Etats, le business, comment ils voyaient les choses. C’est un très grand évènement, et vous verrez dans les comptes, les ressources qui ont été nécessaires pour cette manifestation sont de l’ordre de 1 million d’euros, en fait 960 000 euros, donc c’est une dépense très importante pour le Medef, et on a réussi, dans le courant de l’année à faire en sorte de financer cette dépense exceptionnelle au travers d’une gestion des dépenses, au travers d’allocations, au travers d’une optimisation de notre fonctionnement. Si bien qu’en fin de compte, on termine l’année avec un léger déficit, c’est vrai, au niveau du résultat, de l’ordre de 30 000 euros. Mais franchement, 30 000 euros, c’est l’épaisseur du trait sur un budget de 33, 34 millions, c’est un millième du budget, donc on est pratiquement à l’équilibre malgré cette dépense exceptionnelle. Donc, ça, c’est la première chose que je voulais vous dire. Je ne fais pas partie des effectifs du Medef, mais je voulais féliciter toutes les équipes du Medef pour ce résultat.
La deuxième chose, c’est que l’on a continué notre pratique d’un suivi très rigoureux des subventions paritaires. Vous savez que dans le budget du Medef, il y a deux choses, en gros deux tiers un tiers, deux tiers de cotisations et un tiers de subventions paritaires pour le 1 % Logement, pour la formation professionnelle, pour toute une série d’actions que nous menons en direct et avec les Medef territoriaux qui sont des actions qui sont subventionnées par le paritarisme. Il est extrêmement important, extrêmement important que ces ressources qui viennent du paritarisme soient allouées strictement aux actions qui relèvent du paritarisme et qu’il n’y ait pas de confusion entre ces montants-là et le montant des cotisations qui servent à nos actions propres, nos actions de lobbying, de l’Université d’été, de manifestations, de faire vivre toute cette maison et toutes les opérations que nous organisons. Et donc, nous avons une comptabilité très rigoureuse où nous séparons ces deux types de ressources et nous en surveillons la mise en œuvre. Alors, en ce qui concerne les subventions du paritarisme, de deux choses l’une : si nous ne dépensons pas ce qu’on nous a donné, nous le rendons. Nous faisons des comptes à la fin de l’année et nous le rendons. Et cela fait l’objet de conventions entre nous-même et ces organismes paritaires. S’il n’y a pas de convention, nous mettons les sommes correspondantes dans des fonds dits dédiés, sous le contrôle de notre commissaire aux comptes, de façon à voir très précisément les sommes que nous n’avons pas dépensées et que nous dépenserons plus tard. On n’a pas tout dépensé en 2011, on va plus dépenser en 2012, on va puiser dans ces fonds dédiés pour de nouvelles actions de formation, notamment pour le 1 % logement ou la formation professionnelle. Donc, voilà, ce sont deux choses tout à fait importantes dans notre gestion.
Troisième point, au niveau des cotisations, vous verrez qu’on a une grande stabilité du revenu des cotisations, aux alentours de 23 millions d’euros. En fait, ce qui se passe, c’est qu’on a un léger tassement de notre base du fait des difficultés économiques, c’est vrai, que rencontrent un certain nombre de fédérations, mais dans le même temps, on arrive à avoir de nouvelles adhésions qui compensent et font même plus que compenser cette légère érosion de notre base. Si bien qu’au travers de ces nouvelles adhésions, on a une ressource de cotisations qui est en gros constante, cette année légèrement croissante, mais en gros, on arrive à avoir le même volume de fonds malgré les circonstances économiques qui, comme vous le savez, sont difficiles. Je ne vais pas être beaucoup plus long, Laurence je termine juste sur un point : donc, une gestion très saine, très équilibrée, très rigoureuse des fonds du Medef. La dernière chose que je voulais vous dire, c’est qu’effectivement, le Medef a des finances extrêmement solides, nous avons environ un an de réserves, un an de fonctionnement en réserve, et donc nous plaçons sans risque ces fonds, ce qui nous donne une très grande stabilité, une très grande solidité financière. Donc, pas de souci, pas de souci sur la gestion et la solidité financière de cette association. Voilà ce que je voulais vous dire.
Merci beaucoup Jean-Louis. Je pense que s’il y a des questions, peut-être que tu pourras les prendre à la fin de la conférence de presse.
Le Conseil exécutif qui s’est réuni hier a surtout fait un bilan de la campagne présidentielle. Nous avons confronté nos analyses, nos points de vue et nous en avons tiré quelques enseignements pour les semaines et les mois qui viennent. Première question que nous nous sommes posée : c’est au fond tout simplement quelles idées a-t-on, nous, entrepreneurs, nous Medef en particulier, installé à l’occasion de cette campagne pour l’élection présidentielle. Et nous sommes convaincus qu’il y a un mot, une idée, un concept qui était jusque-là assez étranger au discours politique qui n’était pas du tout présent, par exemple en 2007, et dont la plupart des candidats se sont finalement emparés : je veux parler de la compétitivité. Souvenez-vous, c’était à la Halle Freyssinet, le discours du 1er juillet 2010 que j’ai prononcé à l’occasion de ma réélection, je disais : un seul mot d’ordre : penser compétitivité. « Penser compétitivité pour nos entreprises dans un monde moderne, numérique et écologique, plat et sans frontières », disais-je à l’époque. Bien sûr, les différents candidats et je pense surtout aux grands candidats, ceux qui ont le plus de probabilité de se retrouver au deuxième tour de l’élection, ont approché cette question de la compétitivité d’une manière différente. Mais néanmoins, de Nicolas Sarkozy qui dit que le maître-mot, c’est la compétitivité, à François Hollande qui reconnaît à plusieurs reprises qu’il y aura des efforts de compétitivité à faire, nous considérons que cette idée clef pour notre économie, cette idée clef pour nos entreprises est désormais dans le débat public et que nous allons, avec le prochain gouvernement, quel qu’il soit, continuer à développer cette thématique.
Deuxième idée qui nous semble finalement partagée par les principaux candidats et que nous avons été parmi les premiers, pas les seuls, mais parmi les premiers, à formuler, c’est l’exigence d’un déficit zéro. Alors, bien sûr, l’échéance n’est pas la même pour tout le monde, nous-mêmes nous préconisons une échéance à l’horizon 2015 ; Nicolas Sarkozy parle de 2016 ; François Hollande 2017. Mais au fond, pour le moment, nous relativiserons cette question d’échéance et nous soulignerons surtout le fait que cette exigence, elle aussi, est partagée.
Troisième élément, tout à fait important, qui est une musique qui est douce à nos oreilles et qui est finalement dans presque tous les discours : la conviction que le gisement d’emplois futurs se trouve dans les PME et les TPE. Je ne suis pas certaine que, à partir de cette conviction partagée, toutes les conclusions soient tirées, mais au moins, nous avons un point de départ commun et qui peut être tout à fait déterminant pour aborder toutes les futures politiques publiques et toutes législations futures.
Et puis, enfin, nous observons que Nicolas Sarkozy reprend largement à son compte la thématique que nous avions exposée de la double hélice, à savoir de l’intérêt qu’il y aurait pour notre économie à faire bouger différents paramètres en même temps : la baisse des charges patronales d’un côté, la baisse des charges salariales de l’autre, compensées selon nous par de la TVA et de la CSG, selon Nicolas Sarkozy, selon un autre modèle, mais quand même, le schéma général est là dans un objectif gagnant-gagnant.
Et puis, partagée aussi mais avec François Hollande cette fois-ci, l’idée de l’utilité sociale et politique des corps intermédiaires.
Au total, il y a donc un certain nombre de concepts clefs que nous développons dans Besoin d’Aire qui ont été débattus et vont l’être encore je suppose jusqu’au 6 mai.
Néanmoins, et c’est le deuxième point qui a été très discuté hier en Conseil exécutif, il y a beaucoup de sujets qui ont été absents. Très peu exprimés, objets de peu d’échanges, de peu de confrontations. Et, finalement, nous avions tous le sentiment, hier en Conseil exécutif, qu’il y avait quelque chose de très restrictif dans cette campagne, ne serait-ce que par l’absence véritable de la question européenne. Et si, parfois, celle-ci est évoquée, c’est toujours dans une logique plutôt de rétractation que dans une logique de déploiement. Alors, que nous, nous disons Besoin d’Aire parce que nous disons besoin d’espace. Il y a aussi, dans toutes les réflexions économiques et même si la question de la compétitivité est présente, et même si la question de la réindustrialisation elle, a été très mise en avant, très mise en scène même et très détaillée par de nombreux candidats, il nous semble qu’il y a un manque de projection, un manque de vision économique pour le futur. Nous en voulons pour preuve le fait que la question du numérique qui est pourtant un sujet fondamental parce que le numérique c’est la vraie nouvelle révolution d’aujourd’hui, le numérique est incroyablement oublié par les candidats. Et puis, au fond, ce qui nous surprend le plus ou nous désole le plus, c’est que ce qui manque dans cette campagne, c’est un éloge franc et massif de l’entrepreneur. C’est l’oubli incroyable que sans l’entrepreneur, sans l’esprit d’entreprise, il ne peut pas y avoir de croissance. Il ne peut pas y avoir de créations d’emplois. Il ne peut pas y avoir de nouveaux produits, de nouveaux services. Il ne peut pas y avoir de compétitivité au sens où nous pourrions égaler nos principaux partenaires, l’Allemagne ou bien nous pourrions égaler au niveau de l’ensemble européen les autres grandes zones du monde. Or, l’entrepreneur, c’est vraiment le sel de la terre, c’est ce qui permet de rendre un terreau économique fertile.
Nous avons donc quelques regrets, mais néanmoins, nous ne sous arrêtons pas du tout sur ces regrets, et le troisième message que je voudrais vous dire ce matin, c’est que nous, nous sommes prêts, je dirais même que nous sommes dans les starting-blocks. Nous sommes prêts à travailler avec le prochain gouvernement quel qu’il soit, quelle que soit l’issue du scrutin du 6 mai. Nous pensons que, très rapidement, les questions sociales seront au cœur de la phase gouvernementale qui s’ouvre. Et de ce point de vue-là il est important de rappeler que, même pendant la campagne, nous n’avons pas cessé de discuter et de travailler avec les organisations syndicales. Nous avons été capables de conclure des négociations ; ou nous sommes sur le point d’en conclure d’autres – il y a mercredi une séance importante de négociation qui concerne Action logement (le 1% Logement). Nous avons travaillé sur un dossier extrêmement sensible, très important, qui est celui qu’on appelle « compétitivité-emploi » et en dépit des pressions liées à la campagne nous avons bien avancé. Suffisamment pour considérer que quel que soit le candidat élu, quel que soit le gouvernement qui sera mis en place, eh bien nous allons continuer à négocier et nous avons déjà des dates de négociations sur ce sujet de « compétitivité-emploi ». Et au-delà de cela, nous sommes prêts à discuter d’un agenda social avec les organisations syndicales. En réalité, nous échangeons déjà sur cette question et nous considérons qu’il y a quatre grands chapitres sur lesquels il y aura des délibérations, voire des négociations :
- premier chapitre, le chapitre marché du travail et employabilité compétitive ;
- deuxième chapitre : modernisation du dialogue social ; chapitre qui est déjà ouvert et je crois qu’il est temps de donner un coup d’accélérateur pour avancer significativement et envisager une conclusion ;
- troisième chapitre – qui est ouvert sous forme de délibération depuis peu de temps – : qualité de vie au travail et égalité hommes-femmes ;
- quatrième chapitre qui n’est pas encore ouvert mais qui se prépare et qui est celui de la protection sociale et des grandes réformes structurelles liées à l’avenir de la protection sociale ; que cela soit sur les régimes complémentaires de retraite ou sur l’assurance maladie.
Donc, nous estimons que nous avons un programme de travail chargé devant nous et nous sommes quasi prêts et impatients.
Je vais arrêter là ce topo général des échanges que nous avons eu hier au Conseil exécutif et je vais donner quelques minutes aux questions parce que très vite ensuite je vais devoir descendre en Assemblée générale.






