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Geoffroy Roux de Bézieux au Figaro : « Je suis globalement inquiet du recul spectaculaire de la démocratie dans le monde »

Geoffroy Roux de Bézieux au Figaro

    Invité du Grand témoin- Le Figaro, Geoffroy Roux de Bézieux s’est dit «globalement inquiet du recul spectaculaire de la démocratie dans le monde. »

    Selon lui,  Libertés politique et économique divergent désormais, « Dans certains pays, comme la Chine ou la Turquie, il y a un accroissement des richesses sans offrir plus de liberté politique. C’est nouveau et ce n’est pas bon.  La démocratie, ce sont des contre-pouvoirs, un horizon lisible et prévisible, autant de facteurs indispensables à la réussite des entreprises ».

    Alors que des dizaines de milliers de Gilets jaunes continuent de se mobiliser chaque samedi, Geoffroy Roux de Bézieux note que « la conflictualité en entreprise n’augmente pas. Mais cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas concernés. Les politiques risquent de chercher des boucs émissaires et la question du partage de la valeur ajoutée nous sera surtout posée. Nous devons l’anticiper ». L’occasion pour le président du Medef de faire une mise au point : « en France, l’écart entre rémunération du travail et du capital n’a pas changé depuis des décennies. Seul le poids des prélèvements obligatoires a augmenté, au détriment des salariés comme des entreprises ». Interrogé sur le salaire des grands patrons, « ce n’est pas en tête des revendications », relève -t-il, et d’ailleurs « la rémunération des patrons qui réussissent est votée, y compris par les administrateurs salariés ». Cela étant, « il y a une accumulation chez les 1 % des plus riches des pays occidentaux qui peut poser problème »
    « On voit que le consensus derrière l’économie de marché se fissure parce que le pacte implicite qui voulait que tout le monde puisse s’enrichir commence à s’enrayer. Comment arrivera-t-on à rétablir de l’équité ? C’est un enjeu majeur », insiste Geoffroy Roux de Bézieux. « La réponse sera au centre de la prochaine université d’été du Medef qui s’articulera autour de l’égalité et de l’inégalité ». Le président du Medef s’est également dit préoccupé du « recul chez les dirigeants et les entrepreneurs du sentiment d’appartenance à la communauté nationale (…)  Je suis inquiet de voir de nombreux entrepreneurs de la tech s’installer de plus en plus facilement dans la Silicon Valley ou ailleurs, ou nos jeunes ingénieurs attirés par une économie mondialisée partir à l’étranger ».
    Dans ce contexte, quel rôle peuvent jouer les corps intermédiaires ?  Pour Geoffroy Roux de Bézieux, « Un corps intermédiaire, c’est une organisation volontaire de la société civile, capable de synthétiser des aspirations contradictoires et de les porter face aux décideurs politiques. Il tire sa légitimité du terrain ». Mais « pour être efficace, il doit être en prise avec ses adhérents. Cela n’est plus forcément le cas, notamment chez certaines syndicats ».  Le patronat lui-même « n’est pas à l’abri. C’est pourquoi j’ai engagé une réforme du Medef qui permettra d’éviter la perte de contact et de légitimité tirée de la base ».
    Faut-il poursuivre toutefois les réformes ? « Le statu quo est impossible. Les Français ne reprocheront jamais au gouvernement d’avoir trop réformé dans un monde qui évolue à toute allure », assure le président du Medef. Pour lui, « il est urgent de baisser les impôts et les taxes pour les ménages et les entreprises. Moins d’impôts peuvent augmenter les recettes fiscales grâce au surcroit d’activité et de dépenses qui en résulterait. Si trop d’impôt tue l’impôt, moins d’impôt peut augmenter les recettes fiscales ».

    >> Lire l’interview sur le site du Figaro