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Économie

"Il faut reconstruire une industrie forte en France et en Europe"

Geoffroy Roux de Bézieux

    Invité de France Info, Geoffroy Roux de Bézieux a salué la résilience des Français et des entreprises qui ont su trouver des solutions pour continuer après un an de pandémie. Il a également appelé à reconstruire une industrie forte en France et en Europe et à réfléchir à l'après en marge de la Conférence sociale.

    "On pensait que cela durerait quelques mois, mais en même temps on a trouvé des solutions, le vaccin en un an, opérationnel, qui marche, alors que normalement l'industrie pharmaceutique pour trouver des vaccins c'est 6, 7, 8 ans, des tests, etc., donc il y a aussi une forme de d'inventivité, d'agilité, de génie humain, qui s'est manifestée" a ajouté Geoffroy Roux de Bézieux.

    Interrogé sur les retards de livraison d' AstraZeneca, il a dit ne pas savoir "pourquoi ils ne livrent pas" mais " s’ils ont des difficultés de produire un vaccin qu'ils ont inventé en un an, on peut comprendre qu’il y ait de mauvaises surprises". Cependant, selon lui, "le rythme de vaccination française, qui était très en retard par rapport à la moyenne européenne,  est maintenant dans une vitesse de croisière qui fait que les 10 millions qui ont été annoncées pour mi-avril, fin avril, devraient être tenus".

    Quant à l'économie  Geoffroy Roux de Bézieux confirme qu'"elle tient globalement bon pour l'instant avec des exceptions.On avait un certain nombre de problèmes avant la crise, notamment côté industriel, l'industrie française en 20 ans avait à peu près réduit de moitié, ces problèmes n’ont pas disparu, c'est pour cela qu'il faut reconstruire et continuer à construire une industrie forte en France et en Europe".

    En comparant les 750 milliards du plan de relance européen aux quelque 3000 milliards débloqués par les administrations Trump puis Biden aux Etats-Unis, Geoffroy Roux de Bézieux appelle à ne pas oublier que "les Américains ont une économie sans filet de protection sociale".

    Sur l'hypothèse d'un reconfinement de la région Ile-de-France, Geoffroy Roux de Bézieux reconnaît que "cela dépend un peu du type de confinement, mais évidemment ce n’est pas bon pour l'économie",

    Pour lui, quoi qu'il en soit, "il faut commencer à réfléchir à l'après (...) on voit que les pays qui ont beaucoup vacciné sont dans une logique de baisse des restrictions sanitaires, donc il faut y travailler".

    Sur la prime évoquée pour  les travailleurs de la deuxième ligne, Geoffroy Roux de Bézieux a rappelé que le Medef "était défavorable à un système de prime ciblée, parce que dans une même entreprise, si vous pouvez donner une prime à une catégorie et pas aux autres, ça crée d'énormes problèmes". Mais que verser une prime à tous les salariés "cela va être difficile".

    Quant à savoir si c'est le bon moment pour mettre en place la réforme de l'assurance chômage, Geoffroy Roux de Bézieux rappelle que "c’est toujours compliqué parce que ce n'est jamais le bon moment, mais il y a un an jour pour jour, on annonçait un tsunami sur le marché de l'emploi, en réalité, et probablement massivement grâce aux aides et au chômage partiel, on a préservé l'emploi,  (...) Après, le problème de l'assurance chômage, c’est qu'on a un système extrêmement compliqué qui, dans un certain nombre de cas, au fond, pousse à l'intermittence". "Sur le bonus-malus, ajoute Geoffroy Roux de Bézieux, on comprend l'intention sauf que le problème c'est que, on compare des choux et des carottes. (...)  C’est ce que nous disons depuis des mois et des mois, bon, on n'a pas été entendus".

    Sur les retraites enfin, Geoffroy Roux de Bézieux considère que "cela concerne tout le monde, c'est le sujet numéro 1 d'inquiétude des Français, (...) ils ont compris que la retraite par répartition, dans une démographie qui se réduit, posait un problème, donc il faut faire quelque chose, par contre, la réforme qui a été proposée, mal expliquée, mal préparée, depuis le début du quinquennat, je pense qu'elle est morte et enterrée parce que les esprits ne sont pas prêts". Pour lui il est donc important de "changer de perspective".

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