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Les entreprises françaises et italiennes veulent renforcer leurs relations

Les entreprises françaises et italiennes veulent renforcer leurs relations

    En marge du forum franco-italien des 28 février et 1er mars à Versailles, Geoffroy Roux de Bézieux son homologue italien Vincenzo Boccia appellent, dans le Corriere della Sera et dans le Figaro, les entreprises françaises et italiennes à unir leurs forces et à développer leurs relations et plaident pour une meilleure intégration européenne.

    « Paradoxalement, les tensions entre Rome et Paris ont aidé à l’organisation de notre forum franco-italien », souligne Geoffroy Roux de Bézieux. « Les entreprises françaises et italiennes se sont mobilisées et leur réaction commune face à la crise a été de dire que les querelles d’ego entre les politiques ne concerne pas les entreprises et que nous voulons unir nos forces face à nos véritables concurrents qui sont en Chine et aux Etats-Unis et pas en Europe. »

    « Le monde que nous avons connu après la guerre, dans lequel le libre-échange augmentait chaque année, n’est désormais plus le même. Le souverainisme peut s’exprimer aux frontières de l’Europe mais pas à l’intérieur de l’Europe. Il est absurde de penser que deux pays, comme la France et l’Italie, de plus de 60 millions d’habitants, avec une démographie chancelante ont la force de peser seuls et puisse se permettre d’être en compétition. (…) Il est vrai qu’il y a des problèmes en Europe, une bureaucratie à réformer, des décisions politiques à prendre… mais pour les entrepreneurs dépenser leur énergie à des disputes intra-européenne ne ferait que risquer d’accélérer notre déclin. »

    Entre la France et l’Italie « beaucoup de choses fonctionnent bien, mais il est possible de mieux faire » c’est notamment pour cela que le MEDEF a pris l’initiative d’organiser ce forum franco-italien.

    Face aux accusations des Italiens selon lesquelles les entreprises françaises « feraient leur shopping chez eux » Geoffroy Roux de Bézieux répond par le déficit commercial massif de la France avec l’Italie. « Les investissements français en Italie sont créateurs de valeur et d’emplois » précise-t-il « et quand les grands groupes français acquièrent des marques italiennes historiques, c’est pour les faire grandir au niveau mondial, ce qui crée également de la richesse en Italie.» En fait, souligne Geoffroy Roux de Bézieux, « nous sommes différents, mais complémentaires. La France possède de nombreux grands groupes qui sont leaders mondiaux et un important u réseau de start-up, (…) mais nous n’avons pas ce tissu de petites et moyennes entreprises exportatrices qui font la force de l’Italie. Nous devons unir nos force pour conquérir les marchés d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient. La seule vraie question est en fait de savoir si nous parviendrons à créer des champions européens capables de s’imposer au niveau international. »

    Quant au message fondamental du forum de Versailles, c’est qu’ « il faut tourner la page des différends. Les entrepreneurs français et italiens veulent développer leur relation, notamment en ce moment où la croissance marque le pas, surtout en Italie. Nous lançons un appel aux politiques et aussi à l’opinion publique : prenez de la hauteur et voyez où sont nos vrais concurrents. Regardez ce qui se passe en Chine, les nouvelles routes de la soie, les droits de douane américains sur les voitures européennes… Nous voulons aussi adresser un message à l’Europe : nous voulons plus d’intégration européenne, entre les pays fondateurs mais avec un changement profond des modes de fonctionnement. Moins de réglementations et de bureaucratie, plus de démocratie. »

    Vincenzo Boccia, président de la Confindustria, plaide  lui aussi pour une Europe intégrée et puissante. « L’Europe ne pourra faire concurrence à la Chine et aux États-Unis que si nous avons des champions européens. Au moment où la Chine va devenir le premier exportateur mondial avec une industrie très puissante, et où Donald Trump n’hésite pas à utiliser l’arme des tarifs pour défendre ses usines, il faut penser la stratégie européenne dans le rapport à ces grandes puissances », affirme-t-il. Pour lui l’Europe a une « vision de la concurrence qui date du siècle dernier, et cela n’aide pas l’industrie ».

    Le premier Forum franco-italien a eu lieu il y a un an à Rome. Quels en sont les résultats ? Ce sommet « nous a permis de faire avancer plus vite certaines de nos revendications au niveau européen. Par exemple, le fait de se mettre d’accord avec le Medef, mais aussi avec les organisations polonaises et espagnoles, nous a permis d’obtenir une avancée significative en matière de lutte contre le dumping des produits chinois », indique Vincenzo Boccia. « Grâce à notre travail commun, chaque organisation patronale nationale a pu informer en amont son gouvernement sur la base de l’accord que nous avions noué ensemble, et c’est cela qui a permis d’accélérer la prise de décision au niveau européen. Ce travail commun nous permet ainsi de construire une diplomatie économique qui informe les instances politiques des réformes à mener de façon beaucoup plus efficace ».