Recherche / Innovation

Intelligence Artificielle : un impératif concurrentiel

intelligence artificielle

    L’Intelligence Artificielle est au cœur d’une nouvelle vague d’innovation et joue un rôle décisif dans la compétitivité de demain. Si certaines entreprises se sont déjà lancées, d’autres se sentent encore désarmées face à l’IA. Pour comprendre les ressorts qui conditionnent la position des entreprises le Medef et l’Association des centraliens ont lancé en juin dernier une enquête auprès de leurs membres. Les résultats ont été rendus publics le 29 janvier lors de la 4ème rencontre Intelligence artificielle, organisée au Medef.

    L’objectif de l’enquête lancée en juin dernier visait à mieux cerner pour les entreprises utilisatrices comme pour celles qui ne le sont pas encore les enjeux industriels et économiques de l’IA, les usages, les formes privilégiées d’organisation interne, les facteurs de succès et les obstacles ainsi que les recommandations à faire aux pouvoirs publics.

    Les principaux enjeux de l’IA
    Les entreprises utilisatrices ont majoritairement recours à l’IA pour élargir leur offre, conquérir de nouveaux marchés et développer les marchés existants. Les non-utilisatrices en espèrent d’avantage une augmentation de leur productivité et une amélioration de leur organisation interne.

    Quelle pénétration de l’IA ?
    Les start-ups et les grandes entreprises utilisent beaucoup plus fréquemment l’IA que les ETI ou les PME. L’enquête montre également que le secteur de l’industrie reste en retrait pour cette utilisation.

    Usages et attentes des entreprises
    Parmi les grands domaines qu’avaient identifiés le rapport Villani, l’aide au diagnostic et à la décision arrive nettement en tête, suivi par la reconnaissance des images et l’aide à la clientèle. Les entreprises qui n’utilisent pas encore l’IA montrent quant à elle une aide importante pour la gestion documentaire. Il ressort par ailleurs de l’enquête qu’en France les fonctions RH et management utilisent encore peu l’intelligence artificielle, contrairement aux Anglo-Saxons.
    Dans les entreprises utilisatrices, la moitié des projets d’IA est menée par la direction R&D ou innovation. Beaucoup d’entreprises ont par ailleurs choisi de mettre en place une équipe dédiée. En revanche la collaboration avec des structures externes, notamment l’Université reste faible.

    Les clés du succès
    Une culture d’entreprise encourageant le risque apparaît comme le facteur décisif de succès, pour les entreprises utilisatrices comme pour celles qui ne le sont pas encore. Vient ensuite la capacité des entreprises d’attirer les talents. En revanche, l’ouverture de l’entreprise sur l’extérieur, ses liens avec les centres de recherche et même sa santé financière ne semblent pas être des facteurs déterminants.

    Les obstacles à surmonter
    Principal obstacle à surmonter pour les entreprises utilisatrices, l’accès à des données pertinentes. Ce constat est particulièrement marqué pour les secteurs de l’industrie et des logiciels. Pour les non-utilisatrices, c’est l’accès aux compétences qui semble, de très loin, être la principale difficulté.

    Quelles priorités pour les entreprises ?
    Utilisatrices comme non utilisatrices sont d’accord pour reconnaître que le développement de l’IA dans les entreprises implique de renforcer la coopération avec les universités. Viennent ensuite dans les priorités, la facilitation de l’accès aux données, la valorisation des chercheurs et la mutualisation des ressources européennes. Les entreprises aimeraient également que le capital-risque soit mieux incité à investir dans l’IA.

    Les recommandations Medef – association des centraliens 
    Pour faire de la France un acteur majeur de l’IA et permettre à notre pays de mieux utiliser les nombreux atouts dont il dispose, le Medef et les Centraliens proposent de : 

    • Développer la formation doctorale dans les domaines de l’IA
    • Mobiliser la formation continue pour permettre aux ingénieurs de rester à la pointe de la recherche et de proposer des innovations de rupture
    • Développer l’accès aux données publiques
    • Mettre en place une plateforme d’expérimentation au moins au niveau de celles proposées par les GAFA
    • Encourager les entreprises à mettre à disposition les données utiles à la société
    • Développer des modules d’interface linguistique permettant l’utilisation du français dans les applications d’IA
    • Tirer un meilleur parti des nouveaux programmes de la recherche européenne.

    >> Consulter les résultats détaillés de l’enquête sur https://rencontrecentraliensmedef.home.blog/