Économie

Prévisions économiques du FMI : ralentissement en 2019, reprise fragile en 2020

Prévisions économiques du FMI : ralentissement en 2019, reprise fragile en 2020

    Le FMI vient de mettre à jour ses Perspectives de l’économie mondiale en diffusant une note intitulée « Croissance ralentie, reprise précaire ». Selon le Fonds, le ralentissement de la croissance mondiale observé en 2018 (+3,6% contre +4,0% en 2017) devrait se poursuivre en 2019 (+3,3%, soit -0,2 point de moins la précédente projection de janvier).

    Le fléchissement de l’activité en 2019 s’expliquerait par les nombreux risques qui se sont matérialisés au deuxième semestre 2018 et qui ont freiné l’activité sur les trois premiers mois de l’année 2019. Parmi eux : la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, les perturbations du secteur automobile allemand, le durcissement de la politique de crédit en Chine, la normalisation des politiques monétaires dans les pays avancés, les tensions économiques en Argentine et en Turquie, les incertitudes sur la nature du Brexit.

    La croissance des pays avancés est attendue à +1,8% (contre +2,2% en 2018). Ce ralentissement expliquerait plus des deux tiers de l’essoufflement attendu de la croissance mondiale. Il proviendrait de deux éléments : les effets négatifs dus aux hausses de droits de douanes adoptés en 2018 ; le tassement de la croissance américaine (+2,3% contre +2,9%) du fait de la dilution progressive des effets de la politique de relance budgétaire. Le ralentissement en zone euro (+1,3% contre +1,8%) s’expliquerait par celui de l’Allemagne (« consommation privée médiocre », « faible production industrielle » et « demande extérieure en demi-teinte ») de l’Italie (« demande intérieure fragile » et « rendements souverains élevés ») et de la France (« impact négatif des manifestations de rue »).

    Le ralentissement attendu dans les pays émergents et en développement serait pour sa part moins marqué (+4,4% contre +4,5% en 2018). Il serait le fruit de trois éléments conjugués : atterrissage chinois, récession en Turquie et aggravation de la contraction en Iran. L’Inde continuerait en revanche d’être la locomotive de groupe de pays (+7,3% après +7,1%).

    De nombreux pays cherchent à contrer ce ralentissement : pause dans la normalisation des politiques monétaires en zone euro et aux Etats-Unis, intensification de la relance budgétaire en Chine, recherche d’un accord commercial entre Etats-Unis et Chine. Selon le FMI, la croissance mondiale pourrait ainsi reprendre des couleurs en 2020 (+3,6%, dont +1,7% pour le groupe des pays avancés et +4,8% pour celui des pays émergents et en développement).

    Le FMI alerte néanmoins sur le caractère « délicat » de l’année 2019. Les risques de dégradation demeurent en effet intacts malgré les mises en place de mesures pour soutenir l’activité :  la matérialisation de l’un d’entre eux rendrait caduque la projection de reprise attendue en 2020.

    >> Consulter le Medef Actu-Eco du 15 avril 2019